<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-35580986</id><updated>2011-04-21T11:32:37.243-07:00</updated><title type='text'>Les génies dans les coins isolés</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://margueritelettres.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35580986/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://margueritelettres.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Marguerite</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>4</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-35580986.post-116243809554561515</id><published>2006-11-01T18:45:00.000-08:00</published><updated>2006-11-01T19:33:29.020-08:00</updated><title type='text'>Freud et Jung</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/1600/freud_jung.0.jpg"&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;img style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/320/freud_jung.0.jpg" border="0" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;em&gt;Le Rêve,de S. Freud à C.G. Jung&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Freud explique le développement de la vie psychique par le refoulement de désirs sexuels au cours de la petite enfance. Les rêves réalisent ces désirs d'une façon détournée. L'analyse freudienne renforce le moi conscient, face à un inconscient négatif. Elle accentue l'opposition entre conscient et inconscient, la dissociation psychique du patient.Pour Jung, l'inconscient et le rêve sont à l'origine des comportements spécifiques d'espèce, les archétypes, et d'un processus de différenciation et de développement psychique, l'individuation. Le rêve peut manifester des troubles psychiques profonds, mais il est aussi un phénomène naturel et utile. En reliant le moi conscient à l'inconscient grâce au rêve, l'analyse jungienne a une véritable fonction thérapeutique, elle s'efforce de diminuer la dissociation psychique du patient.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;La conception freudienne du rêve&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Physiologiste puis neurologue à Vienne, Freud s'est heurté au refoulements sexuels de son époque et il en a fait une construction intellectuelle démesurée. Après avoir remarqué que certaines hystéries semblent provenir de refoulements sexuels survenus dans l'enfance, il généralise ses observations, développe sa théorie sur le rêve, et en 1900, il publie son "Interprétation des rêves".&lt;br /&gt;Freud fait d'abord 3 hypothèses fondamentales, invérifiables, à propos du développement psychique du tout petit enfant. Il affirme que la psyché du petit enfant mâle est dominé par :&lt;br /&gt;· un désir sexuel d'inceste : le complexe d'Oedipe.&lt;br /&gt;· des pulsions de meurtre : tuer le père pour éliminer un rival sexuel.&lt;br /&gt;· des pulsions d'anthropophagie : dévorer le père pour s'attribuer la force qu'il incarne.&lt;br /&gt;· Les pulsions incompatibles sont refoulées pendant l'enfance et provoquent une accumulation de désirs inconscients.&lt;br /&gt;Pour expliquer le rêve et son apparence absurde, Freud imagine ensuite plusieurs "mécanismes" :&lt;br /&gt;· le rêve est déclenché par l'émergence de ces désirs sexuels incompatibles pendant le sommeil léger qui précède l'éveil.&lt;br /&gt;· Une censure psychique s'oppose à l'intrusion de ces désirs.&lt;br /&gt;· La censure utilise les pensées et les images des jours précédents, "les restes diurnes", pour donner un déguisement au désir et le rendre méconnaissable : déplacement.&lt;br /&gt;· Le rêve réalise un désir réprimé et inconscient d'une façon détournée. Le rêve est le gardien du sommeil, il le protège d'un réveil provoqué par l'irruption des désirs refoulés.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Enfin, pour contrer à l'avance toutes les critiques, Freud affirme que chaque individu se refuse, souvent avec &lt;/span&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/1600/freud2.jpg"&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;img style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/320/freud2.jpg" border="0" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;violence, à prendre conscience de ses propres désirs sexuels infantiles réprimés.&lt;strong&gt;Freud se base sur la connaissance du sommeil de son époque&lt;/strong&gt; : on pense que le cerveau se repose la nuit et que le rêve se produit au cours du sommeil léger qui précède l'éveil. Le rêve est une activité relativement incohérente des neurones pendant le retour de la conscience diurne.&lt;strong&gt;Les liens entre une activité psychique et la neurobiologie&lt;/strong&gt; sont également inconnus. Il y a un siècle, rien ne permet d'envisager le rêve comme une fonction neurophysiologique, et Freud ne peut que lui chercher une explication psychique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name="c"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://membres.lycos.fr/jmcmed/reves/5jung.htm?#cc"&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;L'effondrement du modèle freudien du rêve&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L'énergie des désirs réprimés et les neurones phi :&lt;/strong&gt; ces neurones, inventés par Freud pour « stocker l'énergie de pulsions », n'existent pas. La découverte des potentiels d'action des nerfs date de 1910 : les neurones ne stockent rien, excepté le glucose nécessaire à quelques minutes de fonctionnement. Ils transmettent simplement des informations et ils établissent de très nombreuses connexions entre eux (environ 10 000 /neurone).&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le rêve n'est pas seulement psychique, il a une base neurobiologique :&lt;/strong&gt; la physiologie moderne sait où, quand et comment une activité psychique se produit. On sait cartographier le cerveau et visualiser les zones actives, la consommation d'énergie et d'oxygène :&lt;br /&gt;· Pendant le sommeil lent, le cerveau fait des réserves de glucose (cellules gliales).&lt;br /&gt;· Pendant le sommeil paradoxal, les neurones consomment glucose et oxygène en grande quantité.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le sommeil paradoxal est la base physiologique du rêve.&lt;/strong&gt; Cette hypothèse, émise dès la découverte du sommeil paradoxal, a été confirmée par diverses constatations et par une preuve expérimentale : La suppression médicamenteuse du sommeil paradoxal supprime les souvenirs de rêves, sans altérer la fonction mnésique. Ainsi le sommeil paradoxal et le rêve sont indissociables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;"Le rêve atteint son développement et sa structure finale dans la phase de sommeil paradoxal."&lt;/em&gt; (M. Jouvet)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La répression des désirs n'est pas la cause du rêve&lt;/strong&gt; : L'activité automatique et périodique des neurones du pace-maker pontique est responsable du sommeil paradoxal et du rêve.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Freud ne postule, à aucun endroit, des systèmes de neurones automatiquement actifs. La conclusion qui s'impose est que la théorie de Freud doit être abandonnée à cause de l'absence d'activité autonome et de l'absence de régulation et d'énergie endogène du cerveau. »&lt;/em&gt; Mc Carley et Hobson.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« La force agissante au cours du sommeil paradoxal est une activation biologique des cellules du pont, et non pas un désir réprimé. »&lt;/em&gt; Mc Carley et Hobson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;L'absence de mémoire pendant le sommeil lent :&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la fonction mnésique est liée à un éveil cortical (EEG), absent du sommeil lent. Les incidents spécifiques de cette phase de sommeil ne sont jamais mémorisés (terreurs nocturnes, somnambulisme, bruxisme, verbalisation) :&lt;br /&gt;Si le réveil des patients pendant leur sommeil lent révèle une activité mentale frustre, rien ne prouve qu'elle puisse être mémorisée, au contraire.&lt;br /&gt;A l'opposé, une phase de sommeil paradoxal se termine souvent par un micro-réveil, ou même par le réveil spontané du dormeur. S'il s'agit d'un cauchemar, le dormeur est immédiatement vigilant, orienté, et il raconte spontanément un rêve impressionnant dans lequel sa sécurité est menacée.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le rêve est indépendant des besoins instinctifs&lt;/strong&gt; : Les enregistrements du comportement onirique du chat montrent qu'il n'est pas influencé par la faim, par la soif ou quelque autre besoin instinctif réprimé : Les oies ne rêvent pas de maïs !&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Il n'y a aucune preuve, quelle qu'elle soit, que ces mécanismes cellulaires (à l'origine du sommeil paradoxal), soient provoqués par la faim, le sexe ou un autre instinct, ou par des désirs réprimés... »&lt;/em&gt; Mc Carley et Hobson. &lt;em&gt;« Ainsi, la motivation primaire du langage du rêve et du processus onirique ne peut être déguisée puisque la force première des rêves n'est ni un instinct, ni un désir réprimé ayant besoin d'un déguisement. »&lt;/em&gt; Mc Carley et Hobson.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le rêve n'est pas&lt;em&gt; "gardien du sommeil".&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; Il se produit au cours d'un sommeil réfractaire au réveil.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le rêve existe avant les premiers désirs instinctifs du nourrisson et leurs refoulements&lt;/strong&gt;. Le foetus in utero est en état de rêve presque permanent, le sommeil "sismique". La conception freudienne du rêve est incompatible avec ces observations.&lt;br /&gt;Le rêve freudien,&lt;em&gt; "réalisation détournée d'un désir refoulé"&lt;/em&gt; n'a aucun sens pour un poussin "in ovo" ou pour le foetus "in utero".&lt;br /&gt;Au moment de l'accouchement, le nourrisson dort et rêve... Le traumatisme psychique de la naissance, phénomène contre nature, n'existe peut-être que dans l'imagination de certains analystes.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le rêve représente 80 à 50% du sommeil du nouveau-né :&lt;/strong&gt; cette activité intense ne résulte pas de désirs refoulés. Ce n'est pas un résidu de l'activité de veille. Il s'agit d'une activité autonome, automatique, rythmique. Elle précède les autres fonctions neuropsychiques et le développement de la conscience. Les enregistrements permettent d'affirmer que l'activité onirique est antérieure à la conscience.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le rêve existe chez les mammifères et les oiseaux depuis 180 millions d'années :&lt;/strong&gt; quand un nourrisson rêve, son visage exprime tour à tour l'inquiétude, le plaisir, le dégoût, la tristesse, la peur, émotions qu'il manifestera réellement un peu plus tard. Quand un chat rêve et que l'on observe son comportement onirique, il reproduit les comportements instinctifs spécifiques de l'espèce : attaque, défense, toilette, postures de chasse. (Jouvet M. et Sastre J-P - Le comportement onirique du chat - Physiolo. Behav., 1979. )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le rêve est une fonction physiologique très active au cours de la maturation du système nerveux central. L'observation scientifique associe le rêve aux comportements instinctifs spécifiques de l'espèce et de l'individu. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name="x"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://membres.lycos.fr/jmcmed/reves/5jung.htm?#xx"&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Les restes diurnes&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon Freud, le désir (sexuel infantile refoulé) qui déclenche le rêve est excité par les événements des jours précédents. Le rêve utilise ces événements récents pour construire le rêve en dissimulant les véritables désirs sexuels inconscients qui lui donnent naissance.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;"Si, recherchant l'origine des éléments du rêve, j'examine ce que me fournit ma propre expérience, j'affirmerai d'abord que tout rêve est lié aux événements du jour qui vient de s'écouler."&lt;/em&gt; (S. Freud.&lt;em&gt; L'interprétation des rêves. Presses Universitaires de France&lt;/em&gt;, 1967.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais l'exemple des rêves d'astronautes montre bien que cette affirmation n'est pas fondée. Comme le rapporte le Pr. Michel Jouvet, même au cours de séjours de longue durée en orbite autour de la terre les astronautes ne rêvent jamais de leurs vols dans l'espace. L'observation quotidienne des rêves montre aussi un autre phénomène, en particulier chez les personnes qui voyagent :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Il existe un délai statistique de quelques semaines entre une situation nouvelle et son incorporation dans les rêves.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Avec le développement des forum sur internet et de certaines bases de données oniriques accessibles à tous, on peut justement affirmer que les restes diurnes ne sont pas à l'origine des rêves. La diversité et l'étrangeté des rêves surprennent toujours les rêveurs. Ces rêves n'ont justement rien de commun avec leur vie quotidienne et ils leur apportent des images extraordinaires ou percutantes sans relation avec les journées qui précèdent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name="d"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://membres.lycos.fr/jmcmed/reves/5jung.htm?#dd"&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Une nouvelle définition du rêve&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sommeil paradoxal est une activité physiologique dont le seul résultat objectif est l'activité onirique :&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Les rêves sont une nécessité biologique et forment une fonction d'intégration et de récupération aussi importante que nos grandes fonctions physiologiques. » &lt;/em&gt;(Magnin P. - Le Sommeil et le Rêve - PUF "Que Sais-je", 1990.) &lt;em&gt;« Le rêve rend opérationnels les conditionnements innés de nos systèmes neuronaux. C'est le gardien de l'équilibre psychique et des comportements spontanés. Le rêve est une protection contre les erreurs de comportement, la déraison, les actes inconsidérés, les influences perverses et néfastes. » &lt;/em&gt;(Jouvet M. - Le sommeil et le rêve - O. Jacob, 1992.)&lt;br /&gt;Avec ces découvertes, la neurophysiologie établit aussi un lien entre le rêve et le développement des aptitudes instinctives. Cependant l'homme moderne, fruit d'une éducation et de conditionnements, oublie que l'être humain possède, comme tous les mammifères, un répertoire de comportements naturels et innés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name="e"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://membres.lycos.fr/jmcmed/reves/5jung.htm?#ee"&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;École freudienne et neurobiologie&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Toute théorie est éphémère&lt;/strong&gt; : Les vrais scientifiques ont assez d'humilité et de simplicité pour se remettre en cause... Ici, ce n'est pas le cas ! La médecine reste paralysée devant la découverte des rythmes biologiques, et garde &lt;em&gt;"l'homéostasie et les constantes biologiques".&lt;/em&gt; La psychanalyse, bousculée par la neurobiologie, en reste à la "conception freudienne du rêve".&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les découvertes d'une poignée de chercheurs ne pèsent pas encore bien lourd&lt;/strong&gt; devant l'inertie et le désintérêt de nombreux psychiatres, psychanalystes et psychologues pour la neurophysiologie. Certains tentent aussi de sauver une théorie qui appartient déjà au passé.&lt;br /&gt;Après la découverte du lien entre sommeil paradoxal et rêve, des publications comme celle de Foulques (Dream research, 1953 - 1993. Sleep 1996) tentent de prouver que le sommeil paradoxal n'est pas la base physiologique du rêve. Bourguignon (Neurophysiologie du rêve et théorie psychanalytique, 1968), affirme que la neurobiologie vient confirmer&lt;em&gt; "une théorie analytique qui repose sur des faits bien observés... Le domaine du rêve montre l'avance considérable que la psychanalyse a pris sur les sciences biologiques..."&lt;/em&gt; (Bourguignon, cité par Jouvet).&lt;br /&gt;Ces publications ignorent les nombreux arguments convergents qui conduisent à cette nouvelle définition du rêve. Freud, physiologiste et neurologue, se basait sur les connaissances de la fin du XIXe. La neurobiologie n'existait pas, pas plus que la génétique ou l'endocrinologie. Les neurones "psi", réservoirs de l'énergie des désirs refoulés imaginés par Freud, n'existent pas. Sommeil léger et énergie des désirs réprimés sont des notions périmées.&lt;br /&gt;Au niveau psychique, les pulsions d'inceste, de meurtre et d'anthropophagie du nourrisson ne sont pas des phénomènes observables. Pour Freud, il s'agissait d'hypothèses destinées à expliquer l'existence des rêves. De même, le travail du rêve (censure, déplacement des images) est une hypothèse de Freud destinée à expliquer l'apparence absurde du rêve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Non seulement les hypothèses initiales de Freud à propos du système nerveux et des rêves sont fausses, mais la neurophysiologie moderne les rend inutiles. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Freud a enfin une conception très personnelle de la notion de preuve. La "résistance" que sa théorie rencontre lui semble une preuve de sa validité : si sa théorie, par définition inacceptable et traumatisante, rencontre une opposition, cela prouve qu'elle est vraie ! Or &lt;em&gt;"absence de preuve ne vaut pas preuve."&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name="f"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://membres.lycos.fr/jmcmed/reves/5jung.htm?#ff"&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#000000;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;L'école freudienne et CG. Jung&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/1600/jung2.jpg"&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;img style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/320/jung2.jpg" border="0" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1911, A. Adler est le premier collaborateur de Freud à prendre son indépendance. Pour lui, le psychisme et la volonté de puissance d'un individu évoluent à partir d'un sentiment initial d'infériorité. Le rêve est une création tournée vers l'avenir et vers la réalisation d'un désir de puissance.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L'inévitable rupture entre Freud et Jung&lt;/strong&gt; : En 1912, CG Jung, psychiatre et collaborateur de Freud, publie &lt;em&gt;"Métamorphoses et symboles de la Libido"&lt;/em&gt; Ce livre lui coûte son amitié avec Freud. Au prix d'un travail de recherche considérable et de nombreuses publications, Jung montre que l'inconscient comprend des images universelles primordiales (les archétypes), des dynamismes psychiques variés (théorie des complexes), et un fond commun à toute l'humanité, (l'inconscient collectif). Jung conteste le rôle exclusif des refoulements sexuels et du complexe d'Oedipe dans la petite enfance.&lt;br /&gt;Le travail de Jung est très structuré et repose sur des bases expérimentales. Ainsi le mot "complexe", passé dans le langage courant à cause de sa pertinence, vient de la psychologie jungienne.Jung considère le rêve comme un phénomène naturel qui équilibre et enrichit la conscience. L'inconscient, selon Jung, est ambivalent. Parfois source de névroses et de catastrophes psychiques redoutables, il est aussi à l'origine des comportements spécifiques des espèces (archétypes) et de la différenciation du psychisme individuel (individuation).&lt;br /&gt;La spiritualité est pour Freud l'expression d'un puissant désir inconscient de s'unir avec la mère et de retourner dans le sein maternel (régression). C'est une manifestation déguisée d'un désir sexuel incompatible.Pour Jung, la spiritualité n'est pas cet avatar des pulsions sexuelles, mais une manifestation psychique autonome et naturelle chez certains individus.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les positions respectives de Freud et de Jung sont incompatibles&lt;/strong&gt; : Jung publie son travail de recherche depuis 1902 (Psychologie et pathologie des phénomènes occultes), bien avant sa rencontre avec Freud. Cependant Freud s'estime trahi par son "fils spirituel" : il se pose en victime et accuse Jung de vouloir se débarrasser du maître, de "tuer le père".&lt;br /&gt;Après la guerre de 39 - 45, certains freudiens en viennent à critiquer la vie privée de Jung et à donner de lui une image douteuse. Jung est décrit tour à tour comme un mystique, un illuminé, un sympathisant nazi, un antisémite, un amoureux éconduit d'une maîtresse de Freud, un chef de secte. Après bien d'autres, l'ouvrage de Richard Noll (1999) "JUNG, LE CHRIST ARYEN" est un modèle de cette littérature à propos de CG Jung:&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;em&gt;"Carl Gustav Jung fut le disciple, puis l'adversaire le plus célèbre de Freud. Sa théorie des mythes, des archétypes et de l'inconscient collectif a définitivement modelé la culture universelle. Dans ce livre, Richard Noll évoque les soixante premières années de sa vie et révèle un homme habité par l'occultisme, le mysticisme, le néo-paganisme et l'antisémitisme. Dans sa clinique de Zurich, avec ses adeptes qu'il analyse et subjugue, Jung va fonder une nouvelle religion. Il se prend lui-même pour un dieu à tête de lion et séduit ses patientes afin qu'elles retrouvent leur moi ancestral. Parmi elles, notamment, la fille de Rockefeller.&lt;br /&gt;De nombreux documents et témoignages inédits, recueillis par Richard Noll, dressent un portrait terrifiant de ce Jung inconnu et secret, soigneusement occulté jusqu'à aujourd'hui."&lt;br /&gt;Richard Noll est américain, psychologue et professeur à Harward d'histoire de sciences. Spécialiste de Jung, il a publié aux États-Unis "Le Culte de Jung".(traduit de l'anglais par Philippe Delamare)&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Or une telle accumulation de critiques n'est guère crédible. En tentant de salir la réputation de Jung, Noll obtient un effet inverse et attire une nouvelle fois l'attention sur Jung, avec une différence notable : si le travail de Jung fut reconnu dès 1909 aux USA, il est maintenant confirmé par les découvertes faites en neurobiologie. Ces attaques contre CG Jung traduisent un sentiment d'infériorité et la crainte d'un effondrement possible de tout ou partie de l'édifice freudien, la neurobiologie venant donner raison à Jung contre Freud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Si le XXe siècle a été celui de la psychanalyse freudienne, le XXIe siècle sera probablement jungien.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/35580986-116243809554561515?l=margueritelettres.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://margueritelettres.blogspot.com/feeds/116243809554561515/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=35580986&amp;postID=116243809554561515' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35580986/posts/default/116243809554561515'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35580986/posts/default/116243809554561515'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://margueritelettres.blogspot.com/2006/11/freud-et-jung.html' title='Freud et Jung'/><author><name>Marguerite</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-35580986.post-116183998678878008</id><published>2006-10-25T21:54:00.000-07:00</published><updated>2006-10-25T22:19:46.853-07:00</updated><title type='text'>Le Surréalisme</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/1600/surrealisme-drawings03s.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/320/surrealisme-drawings03s.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#6600cc;"&gt;Le Surréalisme&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:130%;color:#6600cc;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;Le surréalisme est un important mouvement de pensée de l'&lt;a title="Entre-deux-guerres" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Entre-deux-guerres"&gt;entre-deux-guerres&lt;/a&gt;. Le point de départ est, en &lt;a title="France" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/France"&gt;France&lt;/a&gt;, la publication par &lt;a title="André Breton" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/AndrÃ©_Breton"&gt;André Breton&lt;/a&gt;, en &lt;a title="1924" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1924"&gt;1924&lt;/a&gt;, du &lt;em&gt;Manifeste du surréalisme&lt;/em&gt;, qui donne sa cohérence à l'entreprise. Le mouvement souhaite que soit accordé à ses productions, tant linguistiques que plastiques, le statut d'&lt;em&gt;expérimentation scientifique &lt;/em&gt;: tentative pour explorer en profondeur à la fois le monde (notamment sa réalité cachée) et la pensée (notamment l'inconscient), et pour donner de l'un et de l'autre une connaissance totale. le mouvement etait à la base un projet littéraire mais il a été adapté au arts visuels.L'écrivain à succès &lt;a title="Maryse Choisy" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Maryse_Choisy"&gt;Maryse Choisy&lt;/a&gt; profita du mouvement pour en créer un contraire, qu'elle baptisa avec humour le &lt;a title="Suridéalisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/SuridÃ©alisme"&gt;suridéalisme&lt;/a&gt;. Mais bien que la popularité de ses ouvrages ne souffre en rien de cette initiative, ce mouvement dont elle se réclamait disparut de lui-même.&lt;a name="L.27aventure_internationale"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;L'aventure internationale&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est en hommage à &lt;a title="Guillaume Apollinaire" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Apollinaire"&gt;Guillaume Apollinaire&lt;/a&gt;, qui venait de mourir (1918), qu'André Breton, Francis Banguet et &lt;a title="Philippe Soupault" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Soupault"&gt;Philippe Soupault&lt;/a&gt; décidèrent d'appeler &lt;em&gt;surréalisme&lt;/em&gt; ce « nouveau mode d'expression pure ». En fait, celui-ci rejoignait le « supernaturalisme » de &lt;a title="Gérard de Nerval" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/GÃ©rard_de_Nerval"&gt;Gérard de Nerval&lt;/a&gt; et des romantiques allemands, et d'une certaine façon, également, le « surnaturalisme » d'&lt;a title="Emmanuel Swedenborg" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Swedenborg"&gt;Emmanuel Swedenborg&lt;/a&gt; et de &lt;a title="Charles Baudelaire" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Baudelaire"&gt;Charles Baudelaire&lt;/a&gt;. Cette aventure (« une attitude inexorable de sédition et de défi ») passe par l'appropriation de la pensée d'&lt;a title="Arthur Rimbaud" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Rimbaud"&gt;Arthur Rimbaud&lt;/a&gt; (« changer la vie »), de celle de &lt;a title="Karl Marx" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt; (« transformer le monde ») et des recherches de &lt;a title="Sigmund Freud" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sigmund_Freud"&gt;Sigmund Freud&lt;/a&gt;. En outre, l'expérimentation surréaliste fait appel à des techniques de création (écriture automatique, sommeil hypnotique, « &lt;a title="Cadavre exquis" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cadavre_exquis"&gt;cadavre exquis&lt;/a&gt; », écriture collective, interrogation du «hasard objectif », prise de drogues hallucinogènes) qui rendent inopérants les critères esthétiques traditionnels : la « &lt;a title="Art poétique" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Art_poÃ©tique"&gt;poésie&lt;/a&gt; » est ici avant tout moyen de connaissance de la réalité et du psychisme, et si la « beauté » en résulte, c'est comme produit d'une activité inconsciente occultée par des siècles de &lt;a title="Rationalisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rationalisme"&gt;rationalisme&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;Dans &lt;em&gt;le Premier Manifeste du Surréalisme&lt;/em&gt; (1925), on peut lire ces deux définitions :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Surréalisme, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. » ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Encycl. &lt;em&gt;Philos&lt;/em&gt;. Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d'associations négligées jusqu'à lui, à la toute-puissance du &lt;a title="Rêve" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/RÃªve"&gt;rêve&lt;/a&gt;, au jeu désintéressé de la pensée. Il tend à ruiner définitivement tous les autres mécanismes psychiques et à se substituer à eux dans la résolution des principaux problèmes de la vie. »&lt;br /&gt;Les œuvres des surréalistes qui se situent aux confins du rationnel et de l'irrationnel, de la réalité et du rêve, exaltent aussi l'amour et l'érotisme comme fusion du moi avec la vie universelle : Philippe Soupault, &lt;em&gt;Rose des vents&lt;/em&gt; (&lt;a title="1920" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1920"&gt;1920&lt;/a&gt;) ; André Breton, &lt;em&gt;Clair de terre&lt;/em&gt; (&lt;a title="1923" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1923"&gt;1923&lt;/a&gt;),&lt;em&gt; Nadja&lt;/em&gt; (&lt;a title="1928" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1928"&gt;1928&lt;/a&gt;) ; &lt;a title="Benjamin Péret" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Benjamin_PÃ©ret"&gt;Benjamin Péret&lt;/a&gt;, Le &lt;em&gt;Grand jeu&lt;/em&gt; (&lt;a title="1928" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1928"&gt;1928&lt;/a&gt;) ; &lt;a title="Louis Aragon" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Aragon"&gt;Louis Aragon&lt;/a&gt;, le &lt;em&gt;Libertinage &lt;/em&gt;(1924), le &lt;em&gt;Paysan de Paris&lt;/em&gt; (&lt;a title="1926" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1926"&gt;1926&lt;/a&gt;), Le &lt;em&gt;Mouvement perpétuel&lt;/em&gt; (1926); &lt;a title="Paul Éluard" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Ãluard"&gt;Paul Éluard&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Mourir de ne pas mourir&lt;/em&gt; (1924), &lt;em&gt;Capitale de la douleur&lt;/em&gt; (1926), &lt;em&gt;l'Amour la poésie&lt;/em&gt; (&lt;a title="1929" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1929"&gt;1929&lt;/a&gt;).À la mouvance surréaliste appartient également &lt;a title="Robert Desnos" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Desnos"&gt;Robert Desnos&lt;/a&gt;, célèbre pour sa pratique du sommeil hypnotique. En marge du surréalisme, &lt;a title="Jean Cocteau" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Cocteau"&gt;Jean Cocteau&lt;/a&gt; est étroitement mêlé à la bohème parisienne, tandis qu' &lt;a title="Antonin Artaud" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonin_Artaud"&gt;Antonin Artaud&lt;/a&gt;, exclu du groupe en &lt;a title="1926" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1926"&gt;1926&lt;/a&gt;, compose une prose poétique « hallucinée ».D'autre part, les surréalistes ont réhabilité ou fait découvrir des auteurs comme &lt;a title="Donatien Alphonse François de Sade" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Donatien_Alphonse_FranÃ§ois_de_Sade"&gt;le marquis de Sade&lt;/a&gt;, &lt;a title="Gérard de Nerval" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/GÃ©rard_de_Nerval"&gt;Gérard de Nerval&lt;/a&gt;, &lt;a title="Comte de Lautréamont" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Comte_de_LautrÃ©amont"&gt;Lautréamont&lt;/a&gt; ; des secteurs ignorés de la production littéraire comme le &lt;a title="Roman noir" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_noir"&gt;roman noir&lt;/a&gt;.Le surréalisme connaît une fortune particulière dans la littérature française de &lt;a title="Belgique" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Belgique"&gt;Belgique&lt;/a&gt;. &lt;a title="Paul Nougé" href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Paul_Noug%C3%A9&amp;action=edit"&gt;Paul Nougé&lt;/a&gt;, dont la poésie présente un aspect ludique très marqué, fonde en 1924 un centre surréaliste à &lt;a title="Bruxelles" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bruxelles"&gt;Bruxelles&lt;/a&gt; avec les poètes &lt;a title="Camille Goemans" href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Camille_Goemans&amp;amp;action=edit"&gt;Camille Goemans&lt;/a&gt; et &lt;a title="Marcel Lecomte" href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Marcel_Lecomte&amp;action=edit"&gt;Marcel Lecomte&lt;/a&gt;. Le surréalisme belge prend ses distances à l'égard de l'écriture automatique et de l'engagement politique du groupe parisien. L'écrivain et collagiste &lt;a title="ELT Mesens" href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=ELT_Mesens&amp;amp;action=edit"&gt;ELT Mesens&lt;/a&gt; fut l'ami de &lt;a title="René Magritte" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/RenÃ©_Magritte"&gt;René Magritte&lt;/a&gt;, les poètes &lt;a title="Paul Colinet" href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Paul_Colinet&amp;action=edit"&gt;Paul Colinet&lt;/a&gt;, &lt;a title="Louis Scutenaire" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Scutenaire"&gt;Louis Scutenaire&lt;/a&gt; et &lt;a title="André Souris" href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Andr%C3%A9_Souris&amp;amp;action=edit"&gt;André Souris&lt;/a&gt; appartiennent également au courant.Le surréalisme exercera une action stimulante sur le développement de la poésie &lt;a title="Espagne" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Espagne"&gt;espagnole&lt;/a&gt;, mais à la fin des &lt;a title="Années 1920" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/AnnÃ©es_1920"&gt;années 1920&lt;/a&gt; seulement et en dépit de la méfiance suscitée par l'irrationalisme inhérent à la notion d'écriture automatique. &lt;a title="Ramón Gómez de la Serna" href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Ram%C3%B3n_G%C3%B3mez_de_la_Serna&amp;action=edit"&gt;Ramón Gómez de la Serna&lt;/a&gt; définit ses rapprochements insolites, « greguerios », comme « humour + métaphore ». Le courant « &lt;a title="Ultraïsme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/UltraÃ¯sme"&gt;ultraïste&lt;/a&gt; » déterminera un changement de ton chez les poètes de la « &lt;a title="Génération de 27" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/GÃ©nÃ©ration_de_27"&gt;Génération de 27&lt;/a&gt; », &lt;a title="Federico García Lorca" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Federico_GarcÃ&amp;shy;a_Lorca"&gt;Lorca&lt;/a&gt;, &lt;a title="Rafael Alberti" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rafael_Alberti"&gt;Alberti&lt;/a&gt;, &lt;a title="Vicente Aleixandre" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vicente_Aleixandre"&gt;Aleixandre&lt;/a&gt; et &lt;a title="Luis Cernuda" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Luis_Cernuda"&gt;Cernuda&lt;/a&gt;.Les principes surréalistes se retrouvent en &lt;a title="Scandinavie" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Scandinavie"&gt;Scandinavie&lt;/a&gt; et en &lt;a title="Union des républiques socialistes soviétiques" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_des_rÃ©publiques_socialistes_soviÃ©tiques"&gt;URSS&lt;/a&gt;. Le « poétisme » &lt;a title="République tchèque" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/RÃ©publique_tchÃ¨que"&gt;tchèque&lt;/a&gt; peut être considéré comme une première phase du surréalisme. Il s'affirme dès &lt;a title="1924" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1924"&gt;1924&lt;/a&gt; avec un manifeste publié par &lt;a title="Karel Teige" href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Karel_Teige&amp;action=edit"&gt;Karel Teige&lt;/a&gt;, qui conçoit la poésie comme une création intégrale, donnant libre cours à l'imagination et au sens ludique. Ses représentants les plus éminents furent &lt;a title="Jaroslav Seifert" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jaroslav_Seifert"&gt;Jaroslav Seifert&lt;/a&gt; et surtout Nezval, dont Soupault souligna l'audace des images et symboles. Le mouvement surréaliste yougoslave entretient d'étroits contacts avec le courant français grâce à &lt;a title="Marko Ristió" href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Marko_Risti%C3%B3&amp;amp;action=edit"&gt;Marko Ristió&lt;/a&gt;.En dépit d'une perte de prestige à partir de &lt;a title="1940" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1940"&gt;1940&lt;/a&gt;, le surréalisme a existé comme groupe jusqu'aux &lt;a title="Années 1960" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/AnnÃ©es_1960"&gt;années 1960&lt;/a&gt;, en se renouvelant au fur et à mesure des départs et des exclusions.Le surréalisme est entré finalement en politique grâce à l'&lt;a title="Alternative Orange" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alternative_Orange"&gt;Alternative Orange&lt;/a&gt;, un groupe artistique d'opposition polonais formé au principes des &lt;a title="Années 1980" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/AnnÃ©es_1980"&gt;années 1980&lt;/a&gt;, dont le fondateur Major (Commendant) &lt;a title="Waldemar Fydrych" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Waldemar_Fydrych"&gt;Waldemar Fydrych&lt;/a&gt; avait proclamé Le Manifesto du Surréalisme Socialiste. Ce groupe, qui organisait happenings, peignait des graffiti absurdes en forme de lutins sur les murs des villes et était un des éléments les plus pitoresques de l’opposition polonaise contre le communisme, utilisait largement l’esthétique surréaliste dans sa terminologie et dans la place donnée à l’acte spontané.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="L.27.C3.A9criture_automatique"&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;L'écriture automatique&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; &lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/1600/surrealisme.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/320/surrealisme.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par l'écriture automatique, les surréalistes ont voulu donner une voix aux désirs profonds, refoulés par celle de la société, cette « violente et traîtresse maîtresse d'école », selon le mot de &lt;a title="Michel de Montaigne" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_de_Montaigne"&gt;Michel de Montaigne&lt;/a&gt;. L'objet surréaliste ainsi obtenu a d'abord pour effet de déconcerter l'esprit, donc de « le mettre en son tort ». Peut se produire alors la résurgence des forces profondes, l'esprit « revit avec exaltation la meilleure part de son enfance ». On saisit de tout son être la liaison qui unit les objets les plus opposés, l'image surréaliste authentiquement est un symbole. Approfondissant la pensée de &lt;a title="Charles Baudelaire" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Baudelaire"&gt;Baudelaire&lt;/a&gt;, André Breton compare, dans Arcane 17, la démarche du surréalisme et celle de l'&lt;a title="Ésotérisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/ÃsotÃ©risme"&gt;ésotérisme&lt;/a&gt; : elle offre « l'immense intérêt de maintenir à l'état dynamique le système de comparaison, ce champ illimité, dont dispose l'homme, qui lui livre les rapports susceptibles de relier les objets en apparence les plus éloignés et lui découvre partiellement le symbolisme universel. »Le peintre &lt;a title="Max Ernst" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Ernst"&gt;Max Ernst&lt;/a&gt;, de son côté, découvre pour son art une méthode analogue à l'écriture automatique, méthode que déjà &lt;a title="Léonard de Vinci" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/LÃ©onard_de_Vinci"&gt;Léonard de Vinci&lt;/a&gt; avait esquissée. Frappé par un plancher d'auberge dont les lavages avaient accentué les rainures, il pose sur elles au hasard une feuille et frotte à la mine de plomb. « En regardant attentivement les dessins ainsi obtenus, les parties sombres et les autres plus claires, je fus surpris de l'intensification subite de mes facultés visionnaires et de la succession hallucinante d'images contradictoires. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="Changer_l.27homme"&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Changer l'homme &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;Le mouvement &lt;a title="Dadaïsme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/DadaÃ¯sme"&gt;Dada&lt;/a&gt; était antibourgeois, antinationaliste et provocateur. Mais, aux yeux des surréalistes, l'artiste a une responsabilité politique et morale, son œuvre est susceptible de transformer l'&lt;a title="Homme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Homme"&gt;Homme&lt;/a&gt;. « Nous n'acceptons pas les lois de l'Économie ou de l'Échange, nous n'acceptons pas l'esclavage du Travail, et dans un domaine encore plus large nous nous déclarons en insurrection contre l'&lt;a title="Histoire" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire"&gt;Histoire&lt;/a&gt;. » (tract &lt;a title="s:La_Révolution_d'abord_et_toujours" href="http://fr.wikisource.org/wiki/La_RÃ©volution_d"&gt;&lt;em&gt;La Révolution d'abord et toujours&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;). Ces principes débouchent sur l'engagement politique : certains écrivains surréalistes adhèrent, temporairement, au &lt;a title="Parti communiste français" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_franÃ§ais"&gt;Parti communiste français&lt;/a&gt;.Aucun parti, cependant, ne répondait exactement aux aspirations des surréalistes, ce qui fut à l'origine des tensions le &lt;a title="Parti communiste français" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_franÃ§ais"&gt;Parti communiste français&lt;/a&gt;. André Breton n'a pas de mots assez forts pour flétrir « l'ignoble mot d'engagement qui sue une servilité dont la poésie et l'art ont horreur. » Dès &lt;a title="1930" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1930"&gt;1930&lt;/a&gt;, pourtant, Louis Aragon acceptait de soumettre son activité littéraire « à la discipline et au contrôle du parti communiste ». La guerre fit que Robert Desnos et Paul Eluard le suivirent dans cette voie pendant quelques années. Condamnation de l'exploitation de l'Homme par l'Homme, du &lt;a title="Militarisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Militarisme"&gt;militarisme&lt;/a&gt;, de l'oppression coloniale, des prêtres pour leur œuvre qu'ils jugent &lt;a title="Obscurantisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Obscurantisme"&gt;obscurantiste&lt;/a&gt;, et bientôt du &lt;a title="Nazisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nazisme"&gt;nazisme&lt;/a&gt;, volonté d'une révolution sociale, ; et, plus tard, enfin, dénonciation du pragmatisme de l'&lt;a title="Union des républiques socialistes soviétiques" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_des_rÃ©publiques_socialistes_soviÃ©tiques"&gt;Union Soviétique&lt;/a&gt;, tels sont les thèmes d'une lutte que, de la &lt;a title="Guerre du Maroc" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Maroc"&gt;guerre du Maroc&lt;/a&gt; à la &lt;a title="Guerre d'Algérie" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d"&gt;guerre d'Algérie&lt;/a&gt;, les surréalistes ont menée inlassablement. Ils ont tenté la synthèse du &lt;a title="Matérialisme historique" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/MatÃ©rialisme_historique"&gt;matérialisme historique&lt;/a&gt; et du &lt;a title="Mysticisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mysticisme"&gt;mysticisme&lt;/a&gt;, en se situant au carrefour de l'&lt;a title="Anarchisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Anarchisme"&gt;anarchisme&lt;/a&gt;, et de l'&lt;a title="Utopie" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Utopie"&gt;utopie&lt;/a&gt; &lt;a title="Karl Marx" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx"&gt;marxiste&lt;/a&gt;, fermement opposés à tous les &lt;a title="Fascisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fascisme"&gt;fascismes&lt;/a&gt; et aux &lt;a title="Religion" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Religion"&gt;religions&lt;/a&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/35580986-116183998678878008?l=margueritelettres.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://margueritelettres.blogspot.com/feeds/116183998678878008/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=35580986&amp;postID=116183998678878008' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35580986/posts/default/116183998678878008'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35580986/posts/default/116183998678878008'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://margueritelettres.blogspot.com/2006/10/le-surralisme.html' title='Le Surréalisme'/><author><name>Marguerite</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-35580986.post-116168243210416287</id><published>2006-10-24T02:17:00.000-07:00</published><updated>2006-10-24T02:33:52.116-07:00</updated><title type='text'>"Nouveau roman"</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:180%;color:#cc33cc;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#cc33cc;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;"Nouveau roman"&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;Par &lt;a href="mailto:viktorkirtov@wanadoo.fr"&gt;V.K.&lt;/a&gt;- 11/07/2005&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Nouveau Roman : expression désignant les œuvres d’un groupe d’écrivains français, publiées dans les années 1950 par Jérôme Lindon aux Éditions de Minuit, et qui avaient en commun de remettre en cause les principales caractéristiques du roman traditionnel.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;L’appellation même de « Nouveau Roman » , créée par un journaliste sur le modèle de l’expression « Nouvelle Vague» , qui désignait des jeunes cinéastes des années 1950, a été reprise par Alain Robbe-Grillet (&lt;em&gt;Pour un Nouveau Roman&lt;/em&gt;, 1963) et Jean Ricardou (&lt;em&gt;Problèmes du Nouveau Roman&lt;/em&gt;, 1967 et &lt;em&gt;Pour une théorie du Nouveau Roman&lt;/em&gt;, 1971). Ces trois essais constituent une théorie du roman, sans être pour autant un manifeste d’école. Ils prônent notamment l’abandon des éléments traditionnels de l’écriture romanesque, qu’il s’agisse de la conception du personnage héritée du récit balzacien, de la notion d’intrigue, ou encore du principe de l’omniscience de l’auteur démiurge. De manière générale, les auteurs du Nouveau Roman (Claude Simon, Michel Butor, Alain Robbe-Grillet, Samuel Beckett, Nathalie Sarraute, Robert Pinget, Jean Ricardou, Claude Ollier) se retrouvent dans une même critique du réalisme littéraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/320/pf_nouveau_roman_1959_2.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De fait, avec le Nouveau Roman, la littérature entre dans « l’ère du soupçon » (selon le titre d’un essai de Sarraute publié en 1956), ce qui a pour principale conséquence la remise en question de la nécessité du vraisemblable, d’où le rejet de la description et le refus de ce que Barthes appelle l’« effet de réel » . Cette critique de l’hégémonie du vraisemblable, inscrite dans la lignée des recherches littéraires de Joyce, se double d’une attention toute particulière portée non pas à l’intrigue en tant que telle mais à l’« aventure » que constitue l’écriture elle-même. Le voyageur de &lt;em&gt;la Modification&lt;/em&gt;, (1957) de Butor, n’est pas un héros décrit à la troisième personne, mais un personnage auquel on s’adresse directement. De même, la narration impersonnelle de &lt;em&gt;la Jalousie,&lt;/em&gt; (1957) permet à Robbe-Grillet d’évoquer la présence d’objets, rendus à leur nature énigmatique sans qu’aucun regard humain ne vienne leur conférer un sens particulier. Dans &lt;em&gt;le Planétarium&lt;/em&gt;, (1959) de Sarraute, des scènes identiques sont présentées du point de vue des différents personnages, dont les pensées et les paroles sont retranscrites dans une prose à la fois continue et hachée qui rend compte de ces mouvements presque imperceptibles qui nous habitent. Quant à l’œuvre de Claude Simon, elle tente de restituer, en de longues phrases entrecoupées de parenthèses et d’incises, les difficultés de la conscience à percevoir le monde extérieur, à se représenter le temps, vague durée dans laquelle passé et présent se mêlent indistinctement.&lt;br /&gt;Parmi les autres textes qui se rattachent au Nouveau Roman figurent notamment &lt;em&gt;Tropismes&lt;/em&gt; (1939) et &lt;em&gt;Portrait d’un inconnu&lt;/em&gt;,(1948) de Sarraute ; &lt;em&gt;Passage de Milan&lt;/em&gt; (1953) et &lt;em&gt;l’Emploi du temps&lt;/em&gt;, (1956) de Butor ; &lt;em&gt;le Vent&lt;/em&gt; (1957), &lt;em&gt;la Route des Flandres&lt;/em&gt; (1961), &lt;em&gt;le Palace&lt;/em&gt; (1962) et &lt;em&gt;les Géorgiques&lt;/em&gt;, (1981) de Claude Simon ; &lt;em&gt;les Gommes&lt;/em&gt; (1953) et&lt;em&gt; le Voyeur&lt;/em&gt;, (1955) de Robbe-Grillet ; ou encore&lt;em&gt; l’Observatoire de Cannes&lt;/em&gt; (1961) et &lt;em&gt;la Prise de Constantinople&lt;/em&gt;, (1965) de Ricardou. &lt;em&gt;Molloy&lt;/em&gt;, (1951) de Samuel Beckett, peut également être cité, même si Beckett, par la suite (de même d’ailleurs que Nathalie Sarraute), prit clairement ses distances à l’égard du Nouveau Roman. De même, certains ouvrages de Marguerite Duras, (&lt;em&gt;Moderato Cantabile&lt;/em&gt;, 1958 ; &lt;em&gt;le Ravissement de Lol V. Stein&lt;/em&gt;, 1964), ou les premiers récits de Philippe Sollers (&lt;em&gt;tel le Parc&lt;/em&gt; [&lt;a class="spip_note" title="[1] Le parc, pour lequel Sollers obtiendra le Prix Medicis" href="http://www.pileface.com/sollers/article.php3?id_article=63#nb1" name="nh1"&gt;1&lt;/a&gt;], 1961), se ressentent incontestablement du Nouveau Roman. &lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/35580986-116168243210416287?l=margueritelettres.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://margueritelettres.blogspot.com/feeds/116168243210416287/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=35580986&amp;postID=116168243210416287' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35580986/posts/default/116168243210416287'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35580986/posts/default/116168243210416287'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://margueritelettres.blogspot.com/2006/10/nouveau-roman.html' title='&quot;Nouveau roman&quot;'/><author><name>Marguerite</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-35580986.post-116010442231798107</id><published>2006-10-05T18:56:00.000-07:00</published><updated>2006-10-05T21:22:46.600-07:00</updated><title type='text'>Georges Perec</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/1600/perec1.0.gif"&gt;&lt;img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/320/perec1.0.gif" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/1600/Perec001ali.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/320/Perec001ali.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/1600/perec2.0.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/1600/perec2.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/1600/perec1.gif"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;les années soixante&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Pour ainsi parvenir à dire l'opacité et l'évidence des choses, les mots doivent donc être débarrassés autant que possible de leur charge affective. C'est ce que fond les nouveaux romanciers et leur successeurs. Un vocabulaire neutre ou se raréfient les adjectifs, une langue impersonnelle et froide sont ainsi de mise dans le Nouveau Roman. Cela implique,comme l'écrit Michel Butor un effort particulier de lecture:"Au début ,il y a une certaine grammaire à apprendre , on apprend à lire pendant les premières pages".De même pour dénonce le paradis illusoire de la société de consommation,Georges Perec se garde-t-il dans Les Choses de tout discours moralisateur et choisit-il de traiter ses personnages comme s'ils étaient eux-mêmes aussi objectifs que les objets qu'ils convoitent .Pour mieux faire ressortir leur aliénation,il les chosifié. En prenant le parti des choses, en s'efforçant de décrire les objets aussi scrupuleusement que possible, les nouveaux romanciers ont donc ouvert la voie au courant formaliste qui se développe à leur suite, dans les années soixante. Ils ont contribué à affirmer l'autonomie, voire l'autosuffisance du langage par rapport à l'homme qui l'écrit ou qui le parle.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;em&gt;La biographie&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L'enfance de Georges Perec est placée sous le signe des disparitions. Il naît en 1936, fils unique de Juifs polonais immigrés, tenant un salon de coiffure à Paris. Une soeur, née en 1937, ne vit que quelques jours. Il a 4 ans quand son père meurt à la guerre, 6 ans quand pour échapper aux persécutions contre les Juifs, il est envoyé près de Grenoble, dans un pensionnat, où il passe la guerre. Sa mère, restée à Paris,est arrêtée et déportée à Auschwitz,où elle meurt en 1943.A La Libération,une tante et un oncle adopte l'enfant et le ramènent à Paris. De sa première enfance Perec dit n'avoir garder aucun souvenir. Georges Perec passera son enfance entre Paris et le deux V entrelacés de W ou le Souvenir d’enfance, Villard-de-Lans et Lans-en-Vercors. Il ne parle guère non plus de son adolescence difficile. Il dit de ses parents : « J’écris parce qu’ils ont laissé en moi leur marque indélébile et que la trace en est l’écriture, l’écriture est le souvenir de leur mort et l’affirmation de ma vie. » On sait qu'il a fait une tentative de fugue, et a suivi une brève thérapie avec la psychanalyse Françoise Dolto.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;La passion des lettres&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;La vie de Perec adulte se confond avec l'histoire de son oeuvre : tout y est consacré à l'écriture. Son service militaire, ses études décousues d'histoire et de sociologie, son poste de documentaliste dans la recherche médicale ne l'intéressent guère .Sa seule ambition est de devenir écrivain .Ses 3 premiers romans sont refusés par les éditeurs, un projet de revue n'aboutit pas, mais il publie quelques textes dans un périodique de la NRF. Il se marie en 1960; il n'aura pas d'enfants. Après la publication de son premier roman grâce au salaire que lui verse son éditeur et à des mots croises hebdomadaires pour Le Point, Perec peut se consacre entièrement à son oeuvre avec passion. L’œuvre de Perec s’articule, semble-t-il, autour de trois champs différents : le quotidien, l’autobiographie, le goût des histoires. Le jeu est toujours présent, tout comme la quête identitaire, et l’angoisse de la disparition.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Un artisan de l'écriture&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Plein d'humour, généreux et discret (bcp de ses textes sont écrits que pour ses amis), Perec est reconnu, dès la fin des années 60, comme une figure majeure de la vie littéraire parisienne. C'est alors qu'il se donne ce visage auquel on le reconnaît si facilement:long cheveux frisés, barbe carrée, sans moustache. Son adhésion, en 1968, au groupe de l'Oulipo de Raymond Queneau, qui pratique toutes sortes de jeux de lettres et de mots, est décisive. En effet ,chaque nouvel écrit de Perec répond a un pari qu'il se lance à lui-même:un roman sans la voyelle e (La Disparition,1969);un roman ou la seule voyelle est le e (Les Revenentes,1972),un roman-puzzleaux pièces dispersées, à reconstituer par le lecteur (La Vie mode d'emploi,1978).Perec travaille avec le zèle et la patience d'un artisan ou d'un orfèvre,selon des règles et des plans rigoureux,dont il joue en virtuose. L'amour de la langue le conduit aux expériences les plus diverses-romans, poésie, textes courts, essais. Il touché aussi aux autres arts : le théâtre, la musique, le cinéma.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Les ouvrages&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Les choses (1965)&lt;br /&gt;Quel petit vélo a guidon chrome au fond de la cour ? (1966)&lt;br /&gt;La Disparition (1969)&lt;br /&gt;W où le souvenir d’enfance (1975)&lt;br /&gt;Alphabets (1976)&lt;br /&gt;Je me souviens (1978)&lt;br /&gt;La Vie mode d'emploi (1978)Penser /Classer (1985)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/1600/leschoses.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/320/leschoses.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Les choses&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Ce bouquin raconte la vie d'un couple moderne, de classe moyenne, qui idéalise la bourgeoisie. Leurs humeurs (à ces deux cons) varient au gré de leur environnement matériel. Court, efficace, terriblement réaliste, il est désenchanteur, comme un texte sociologique. On choisit un extrait qui s'applique bien à ma présente situation... à la fin d'un parcours, au début d'un autre, plus personnel qu'universitaire et appréhendé en tabernacle.&lt;br /&gt;« Il leur sembla que la seule impression qu'ils pouvaient ressentir était celle d'un achèvement, d'une fin, d'une conclusion. Non pas un happy end, non pas un coup de théâtre, mais, au contraire, une fin languissante, mélancolique, laissant derrière elle un sentiment de vide, d'amertume, noyant dans l'ombre les souvenirs. Du temps s'étaient traîné, s'était enfui; (...) Sept années d'un seul coup basculaient dans le passé : leurs années d'étudiants, les années de leurs rencontres, les meilleures années de leur vie.&lt;br /&gt;G. Perec, Les choses, Julliard, "Pocket", 1965&lt;br /&gt;Le 1er septembre 1965, Les Choses, premier ouvrage de Georges Perec, sort en librairie ; le même jour, sous la plume de Jean-Claude Brisville, on peut lire dans Le Nouvel Observateur : « En nous décrivant [Jérôme et Sylvie] dans un style découragé qui s'accorde admirablement à la tristesse du sujet, il se peut que Georges Perec, jeune romancier de trente ans, ait écrit un des livres les plus cruellement révélateurs de notre époque désoeuvrée » (« Un couple dans le vent », 1er - 7 septembre 1965). Et de fait, public et critique s'accordent vite à reconnaître dans l'ouvrage une photographie fidèle de ce qu'on appelle alors depuis peu « société de consommation ». Dès le 6 octobre, Perec est interviewé par Pierre Desgraupes dans la célèbre émission télévisée Lectures pour tous. Ce même mois d'octobre, Julliard procède à un nouveau tirage de deux mille exemplaires, bientôt suivi de deux autres. En dépit d'un lancement modeste, sans tapage, le livre « prend » et fait figure d'événement. Dans son numéro du 11 octobre, sous le titre « L'argent peut faire le bonheur », Le Nouveau Candide publie de très larges extraits du roman ainsi présenté : « Un ton original, une forme neuve de récit, un art de progresser doucement et presque souterrainement dans la pensée des personnages, tels sont les mérites de ce livre écrit par un jeune inconnu, et qui est déjà la sensation de la rentrée littéraire ». Les semaines suivantes, le succès se confirme et le roman suscite plus d'une quinzaine de comptes rendus, fort circonstanciés parfois, et presque tous bienveillants. Le 9 novembre, Perec donne un second entretien télévisé dans une émission de la collection Lire. Cette reconnaissance rapide et presque unanime ne va pas cependant sans son lot de malentendus. En premier lieu, lorsqu'il s'agit de classer cette « histoire des années soixante » : « Roman ? Non. Témoignage sociologique intéressant plutôt qu'oeuvre de création littéraire » lit-on dans L'Express (27 septembre - 3 octobre). François Nourissier s'interroge à son tour et conclut en termes semblables : « Littérature à l'état naissant ? Document sociologique ? Témoignage à peine (et parfois maladroitement) élaboré ? C'est tout cela à la fois. Il est sage et plus excitant de considérer Les Choses comme source de réflexions, non comme oeuvre d'art » (« Les habitants d'hier », Le Nouvel Observateur, 6 - 12 octobre 1965). Ou encore, parmi d'autres, Christine Arnothy, tout aussi péremptoire, qui affirme : « l'oeuvre n'a rien à voir avec un roman », c'est « un document de sociologue littéraire » (Le Parisien libéré, 12 octobre 1965). Certains sont plus nuancés. Ainsi Raymond Jean par exemple, qui se souvient à bon escient que l'écrivain « a réfléchi aux problèmes du roman contemporain », comme en témoignent « quelques articles fort lucides qu'il a publiés (notamment dans la revue Partisans) », et qui relève dans Les Choses « un évident parti pris de concilier la description des choses (qui appartient à l'univers du roman) et l'enquête-témoignage (qui appartient à l'univers de la sociologie) ». Mais si « la qualité formelle, la tension littéraire, la richesse de langue de telle page de Flaubert » sont indéniables dans les premiers chapitres, on n'en glisse pas moins « de l'oeuvre littéraire au document », « embûche qui guette toute littérature reflet » (« Une histoire des années soixante", Le Monde, 16 octobre 1965). Le témoin, on le voit, finit par l'emporter sur le romancier. C'est aussi peu ou prou l'avis de Tristan Renaud pour qui l'attrait du livre réside dans « la construction d'un roman (mais le récit le plus pur et le plus efficace) à l'intérieur d'un véritable document sociologique » (« Les dépossédés », Les Lettres françaises, 18 - 24 novembre 1965). Quoi qu'il en soit de ces quelques concessions au savoir-faire de l'écrivain, c'est cette image de sociologue lucide qui, pour longtemps, prévaudra, et l'on verra Perec, promu de surcroît moraliste et contempteur du welfare capitalisme, s'en expliquer souvent au fil des entretiens. En 1981, dans la postface qu'il donne à la réédition des Choses, Jacques Leenhardt observe justement que cette discussion autour d'« un roman non romanesque » tourna sous la plume des critiques « de l'analyse littéraire au débat d'idées sur la société contemporaine », pour déboucher « sur une critique axiologique dont le thème récurrent est alternativement bonheur ou bien-être ». Force est alors de constater que la littérature est la grande oubliée de la discussion; là encore, invoquant à l'envi sa dette envers Flaubert et une conception citationnelle de l'écriture, Perec va tenter de recentrer Les Choses.&lt;br /&gt;Mon livre est parti d'une colère, puis la colère a cédé la place à la réflexion.Mon roman, enfin, est une tentative de description critique. Il y a une tension entre la poussée lyrique et la volonté d'analyse, mais je crois que cette tension est créatrice. (Les Lettres françaises.)&lt;br /&gt;En 1978, Perec écrit un article intitulé "Notes sur ce que je cherche" dont voici un extrait :&lt;br /&gt;(...) Mon ambition d'écrivain serait de parcourir toute la littérature de mon temps sans jamais avoir le sentiment de revenir sur mes pas ou de remarcher dans mes propres traces, et d'écrire tout ce qui est possible à un homme d'aujourd'hui d'écrire : des livres gros et des livres courts, des romans et des poèmes, des drames, des livrets d'opéra, des romans policiers, des romans d'aventures, des romans de science-fiction, des feuilletons, des livres pour enfants... Je n'ai jamais été à l'aise pour parler d'une manière abstraite, théorique, de mon travail ; même si ce que je produis semble venir d'un programme depuis longtemps élaboré, d'un projet de longue date, je crois plutôt trouver - et prouver - mon mouvement en marchant : de la succession de mes livres naît pour moi le sentiment, parfois réconfortant, parfois inconfortable (parce que toujours suspendu à un « livre à venir », à un inachevé désignant l'indicible vers quoi tend désespérément le désir d'écrire), qu'ils parcourent un chemin, balisent un espace, jalonnent un itinéraire tâtonnant, décrivent point par point les étapes d'une recherche dont je ne saurais dire le « pourquoi » mais seulement le « comment » : je sens confusément que les livres que j'ai écrits s'inscrivent, prennent leur sens dans une image globale que je me fais de la littérature, mais il me semble que je ne pourrai jamais saisir précisément cette image, qu'elle est pour moi un au-delà de l'écriture, un « pourquoi j'écris » auquel je ne peux répondre qu'en écrivant, différant sans cesse l'instant même où, cessant d'écrire, cette image deviendrait visible, comme un puzzle inexorablement achevé.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Construction du récit&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Le roman est forme de deux parties de longueur très inégale, suivies d’un épilogue. A chacune de ces parties, correspond un lieu bien particulier.&lt;br /&gt;La première partie (10 chapitres) décrit la vie d’un jeune couple, dans les années 60. Elle se déroule presque entièrement à Paris. La vie des deux personnages y est évoquée : appartement de leurs rêves(chapitre 1), appartement réel( chapitre 2), métier et installation rue de Quatrefages, près du jardin des Plantes( chapitre 3), groupe d’amis et goûts communs( chapitre 4), bonheur de vivre et difficulté( chapitre 5), problèmes financiers( chapitre 7), dispersion du groupe et longues promenades dans Paris( chapitre 8), rêves de fortune( chapitre 9).&lt;br /&gt;A cette vie d’intellectuels parisiens-seuls les quartiers Latin, Montparnasse ou Palais-Royal y sont fréquentes – s’oppose le chapitre 10 qui mène les héros, par le biais d’une enquête agricole, dans la France rurale réelle, puis rêvée.&lt;br /&gt;La seconde partie se passe en Tunisie (3 chapitres), trois fois plus brève. Néanmoins, elle contient plus d’actions précises et de changements notables que les 10 chapitres de la première partie : départ de Jérôme et de Sylvie, séjour a Sfax (chapitre 1), solitude dans un monde vite juge négatif, vie dépourvue de « sens » (chapitre 2) impossibilité d’échapper a Sfax, ou une sorte de mort lente s’installe (chapitre 3).&lt;br /&gt;L’épilogue (9 chapitre) raconte le retour a Paris, l’incapacité a y vivre comme auparavant, puis l’installation définitive comme cadres dans une agence de publicité, a Bordeaux, ville de province souvent jugée bien terne par rapport a Paris, mais de tradition anglaise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/1600/la%20vie%20mode.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1034/3962/320/la%20vie%20mode.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;La vie mode d'emploi&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L'œuvre retrace 55 ans de la vie d'un immeuble, de ses habitants, des objets et des histoires qui y sont liés, directement ou indirectement, même si l'histoire principale se déroule entièrement en une fraction de seconde : celle de la mort du héros Bartlebooth. Ce livre se distingue par la manière même dont son auteur l'a construit : chaque chapitre traite d'une pièce ou d'un endroit précis de l'immeuble et le décrit de façon méthodique, presque clinique, avec une jubilation de cruciverbiste. On passe d'une pièce à l'autre en suivant un chemin bien précis, tiré du déplacement du cavalier aux échecs. Chaque objet, chaque souvenir attaché à une pièce, chaque personnage considéré à cette même seconde, comme en un instantané (le livre est d'ailleurs en grande partie écrit au présent de l'indicatif), créent autant d'histoires parallèles qui finissent par s'assembler en un puzzle géant.&lt;br /&gt;Car c'est bien de cela qu'il s'agit : d'un &lt;a title="Puzzle" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Puzzle"&gt;puzzle&lt;/a&gt; composé d'une infinité de détails, accumulés par l'auteur comme pour un gigantesque catalogue ; une accumulation de petites et de grandes histoires, d'êtres modestes ou riches, vivants ou morts, de comportements nobles, ridicules, banals ou touchants. De la vie, tout simplement.&lt;br /&gt;Ce roman (ou plus exactement romans), comme l'indique la page de titre, publié en 1978 a une structure remarquable : il coordonne dans le temps d'un instant (vers 20 heures, le 23 juin 1975) et dans l'espace parfaitement circonscrit d'un immeuble parisien (à l'adresse du 11, rue Simon-Crubellier), une pluralité fabuleuse d'histoires, de personnages, d'époques, de mondes.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les programmes préparatoires de la Vie, mode d'emploi :&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;D'une manière générale, la négociation concertée entre l'organisation d'une matière narrative et une structuration formelle caractérise très largement le roman moderne : critères spatiaux et dispositions taxinomiques chez Arno Schmidt, bricolage analogique et plans de montage chez Claude Simon, dispositions et retours réglés chez Butor, les exemples sont nombreux et témoignent de contraintes esthétiques qui appartiennent à la possibilité du genre et de son renouvellement. Pourtant, les programmes de la Vie, mode d'emploi ont une ampleur, une rigueur et une richesse qui les distinguent absolument, et les rendent esthétiquement et historiquement exemplaires - et parfaitement inimitables ; L'immeuble, dont la description, pièce après pièce, est réduit (cf l'image en début de page) à un carré assimilable à un damier de 10 cases sur 10. Chaque case équivaut à une pièce de l'immeuble ou à une portion des parties communes. Seules les pièces de façade sont concernées par le système des contraintes. L'organisation de ce plan repose sur trois processus formels :&lt;br /&gt;-la polygraphie du cavalier&lt;br /&gt;-le bi-carré latin orthogonal d'ordre 10&lt;br /&gt;-la pseudo-quenine d'ordre 10.&lt;br /&gt;-La polygraphie du cavalier :&lt;br /&gt;Premier problème rencontré par Perec : dans quel ordre décrire les pièces ? Tirer au sort le numéro des pièces est une solution que Perec, en bon &lt;a href="http://membres.lycos.fr/mjannot/froggy/oulipo.htm" target="V"&gt;oulipien&lt;/a&gt;, ne peut retenir ; les Oulipiens détestent le hasard et préfèrent le calculable. Il s'agira donc d'obtenir un parcours de l'immeuble soumis non à une imitation de déplacement réel mais à un modèle formel : la polygraphie du cavalier. Énigme mathématique, le problème consiste en partant avec un cavalier d'échecs d'une case désignée, à lui faire parcourir les 63 autres cases par 63 sauts consécutifs, donc sans répétition, ni omission. Adapté aux 100 cases du plan-damier de l'immeuble, ce parcours détermine l'ordre de description des 100 pièces et fixe ainsi l'ordre des chapitres du roman, puisque chaque chapitre correspond à une pièce. Ce même parcours règle la division en 6 parties : chaque fois que le cheval est passé par les quatre bords du carré, commence une nouvelle partie. Ce principe est soumis à un dérèglement local. La case du déplacement 66 correspond à une cave. Elle n'est pas décrite. A sa place, c'est le déplacement 67 qui est décrit. Il n'y aura donc que 99 chapitres dans le roman.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le bi-carré latin orthogonal d'ordre 10 :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Autre problème à résoudre : comment remplir chaque pièce ? Quoi mettre et où ? Perec va précéder en deux étapes : Il se donne une sorte de répertoire structuré à partir de 21 paires de listes de 10 éléments. Ensuite, il utilise un &lt;a href="http://membres.lycos.fr/mjannot/froggy/dico.htm" target="V"&gt;algorithme&lt;/a&gt; pour distribuer ces éléments de manière non fortuite. C'est le bi-carré latin orthogonal qui lui permet de répartir son répertoire dans les différentes pièces. Le voici :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-chacune des 100 cases du carré contient un couple majuscule-minuscule&lt;br /&gt;-aucun de ces couples n'est répété&lt;br /&gt;-aucun symbole ne figure plus d'une fois dans la même colonne ni dans la même rangée. Grâce à ce modèle fourni par Claude Berge, Perec peut donc répartir, paire par paire, les éléments des 21 paires de listes (chacune comprenant 10 éléments).&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La pseudo-quenine d'ordre 10 :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Le modèle de Claude Berge revient à fabriquer chaque chapitre à partir des éléments occupant le même rang dans chaque liste. Voilà qui est trop rigide pour Perec, qui décide donc de compliquer encore sa machinerie en distribuant chacune de ses 21 paires de listes selon un bi-carré latin différent. Perec se rend compte qu'on peut permuter les lignes et/ou les colonnes sans remettre en cause les principes d'exhaustivité et de non-répétition. Cette permutation va autoriser Perec à, introduire de la variation dans l'utilisation de ses listes. Mais sera-t-elle aléatoire ou réglée ? C'est bien sûr la deuxième solution qui l'emporte : la règle sera la quenine.C'est le troubadour Arnaut Daniel qui inventa la sextine selon le principe suivant :&lt;br /&gt;La sextine est un poème de 6 strophes de 6 vers chacune. Les six mots qui terminent respectivement chacun des 6 vers de la première strophe se retrouvent également à terminer les vers des cinq suivantes, selon l'ordre d'apparition ci-dessus A vous d'en trouver la règle !Perec, lui l'a trouvée pour 10 chiffres, ce qui lui a permis de construire de manière non aléatoire plusieurs bi-carrés latins en permutant soit les colonnes, soit les lignes du modèle original.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les fictions dans La Vie, mode d'emploi :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Au centre de la toile tissé par l'auteur sur les vies multiples de l'immeuble, l'histoire de Bartlebooth, Winckler et Valène jettent un curieux éclairage sur le projet perecquien. Bartlebooth a une immense fortune qui lui rend tout indifférent. Aussi se fixe-t-il le programme de vie suivant :&lt;br /&gt;10 ans d'initiation à l'aquarelle. Valène sera le professeur.&lt;br /&gt;20 ans de parcours autour du monde pour peindre 500 ports de mer et expédier ensuite chaque aquarelle à Winckler qui la collerait sur une mince plaque de bois et la découperait en un puzzle de 750 pièces.&lt;br /&gt;20 ans de réclusion pendant lesquels, au cours d'un tous les 15 jours, il reconstituerait dans l'ordre les puzzles.&lt;br /&gt;Après cela, les marines seraient décollées de leur support, transportées à l'endroit où elles avaient été peintes et plongées dans une solution détersive d'où ne ressortirait qu'une feuille de papier vierge et intacte.&lt;br /&gt;Un réel rapport sado-masochiste s'instaure entre le fabricant de puzzles et Bartlebooth dont seule la mort sera vainqueur."C'est le vingt-trois juin mille neuf-cent-soixante-quinze et il va être huit heures du soir. Assis devant son puzzle, Bartlebooth vient de mourir. Sur le drap de la table, quelque part dans le ciel crépusculaire du quatre cent trente-neuvième puzzle, le trou noir de la seule pièce non encore posée dessine la silhouette presque parfaite d'un X. Mais la pièce que le mort tient entre ses doigts a la forme, depuis longtemps prévisible dans son ironie même, d'un W." Le peintre Valène paraît ordonner le récit. Parfois on dirait qu'il tient la plume. C'est dans les derniers mois de sa vie qu'il conçut l'idée d'un tableau qui rassemblerait toute son expèrience. Le roman du peintre serait donc un texte-tableau. Mais il mourra en laissant une toile pratiquement vierge: l'esquisse d'un plan d'immeuble. Il s'est borné à proposer un cadre, une architecture; il n'a rien peint; le peintre a disparu dans l'écrivain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;Informations diverses&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;Le livre est dédié à la mémoire de &lt;a title="Raymond Queneau" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Queneau"&gt;Raymond Queneau&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;Il débute avec une citation de &lt;a title="Jules Verne" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Verne"&gt;Jules Verne&lt;/a&gt;, tirée de &lt;a title="Michel Strogoff" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Strogoff"&gt;Michel Strogoff&lt;/a&gt; : « Regarde de tous tes yeux, regarde. ».&lt;br /&gt;L'immeuble dont il est question dans le roman se trouve au 11 rue Simon Crubellier, 75017 &lt;a title="Paris" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paris"&gt;Paris&lt;/a&gt;. D'après le texte, cette rue coupe obliquement le rectangle compris entre les rues Médéric, Jadin, De Chazelles et Léon Jost. La rue Simon Crubellier n'existe pas, mais ce rectangle, oui. À son emplacement se trouve notamment le lycée technique J. Drouant.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;OULIPO&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;OULIPO est l'&lt;a title="Acronyme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Acronyme"&gt;acronyme&lt;/a&gt; d'OUvroir de LIttérature POtentielle&lt;br /&gt;Cette association comprend des écrivains, certains célèbres tels que &lt;a title="Italo Calvino" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Italo_Calvino"&gt;Italo Calvino&lt;/a&gt; ou &lt;a title="Georges Perec" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec"&gt;Georges Perec&lt;/a&gt;, mais aussi des personnalités ayant une double compétence comme les mathématiciens et écrivains &lt;a title="Jacques Roubaud" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Roubaud"&gt;Jacques Roubaud&lt;/a&gt; ou &lt;a title="Claude Berge" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Berge"&gt;Claude Berge&lt;/a&gt; (développeur de la &lt;a title="Théorie des graphes" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/ThÃ©orie_des_graphes"&gt;Théorie des graphes&lt;/a&gt;). Considérant que les &lt;a title="Contrainte artistique volontaire" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Contrainte_artistique_volontaire"&gt;contraintes&lt;/a&gt; formelles sont un puissant stimulant pour l'imagination, l'Oulipo s'est fixé plusieurs objectifs regroupés en deux courants :&lt;br /&gt;Un courant synthétique, chargé d'imaginer et d'expérimenter des contraintes littéraires nouvelles, comme le résume une de leurs propres définitions : « Oulipiens : rats qui ont à construire le labyrinthe dont ils se proposent de sortir. »&lt;br /&gt;Un courant analytique, chargé de rechercher les « plagiaires par anticipation ». Plus clairement, le but est d'étudier les œuvres du passé à la lumière des nouveaux moyens créés par le courant synthétique.&lt;br /&gt;Le courant synthétique est le plus actif et surtout le plus spectaculaire. On lui doit notamment l'invention de la &lt;a title="Méthode S plus n" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/MÃ©thode_S_plus_n"&gt;méthode S plus n&lt;/a&gt;, la littérature &lt;a title="Combinatoire" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Combinatoire"&gt;combinatoire&lt;/a&gt;, qui permit à &lt;a title="Raymond Queneau" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Queneau"&gt;Raymond Queneau&lt;/a&gt; d'écrire Cent mille milliards de poèmes mais aussi de poèmes booléens basés sur la &lt;a title="Théorie des ensembles" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/ThÃ©orie_des_ensembles"&gt;théorie des ensembles&lt;/a&gt; ou des « poèmes à métamorphoses pour &lt;a title="Ruban de Möbius" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ruban_de_MÃ¶bius"&gt;rubans de Möbius&lt;/a&gt; »&lt;br /&gt;Le courant analytique a produit des œuvres historiques comme une histoire du &lt;a title="Lipogramme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lipogramme"&gt;lipogramme&lt;/a&gt; par &lt;a title="Georges Perec" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec"&gt;Georges Perec&lt;/a&gt; (&lt;a title="La Disparition (roman)" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Disparition_(roman)"&gt;La Disparition&lt;/a&gt;) mais aussi une analyse formelle de la relation « X prend Y pour Z » et son application à différents styles littéraires parmi d'autres études.&lt;br /&gt;Ce mouvement a des ancêtres dans l'aventure littéraire européenne, en particulier les &lt;a title="Grands rhétoriqueurs" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Grands_rhÃ©toriqueurs"&gt;Grands rhétoriqueurs&lt;/a&gt; du début de la &lt;a title="Renaissance (période historique)" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Renaissance_(pÃ©riode_historique)"&gt;Renaissance&lt;/a&gt; (fin du &lt;a title="XVIe siècle" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/XVIe_siÃ¨cle"&gt;XVIe siècle&lt;/a&gt;). Ils ont en effet expérimenté beaucoup des possibilités de la langue : jeux de mots, techniques lettristes et contraintes oulipiennes avant la lettre, par exemple des poèmes mots-croisés pouvant se lire dans tous les sens... ces pré-oulipiens ont pour l'Oulipo le titre de « plagiaires par anticipation ».&lt;br /&gt;Les premiers travaux de littérature potentielle ont été publiés par le &lt;a title="Collège de 'Pataphysique" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/CollÃ¨ge_de_"&gt;Collège de ’Pataphysique&lt;/a&gt;, science à laquelle &lt;a title="Alfred Jarry" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Jarry"&gt;Alfred Jarry&lt;/a&gt; a voué son existence.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le style&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Rythme Ternaire&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Perec &lt;em&gt;(Les Choses)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Leurs oreilles, leurs doigts, leur palais, comme s’ils avaient été constamment à l’affût, n’attendaient que ces instants propices, qu’un rien suffisait à déclencher. »&lt;br /&gt;« …vais-je supporter, vais-je intriguer, vais-je mordre mon frein, moi qui rêvais de poésie, de trains de nuit, de sables chaudes ? »&lt;br /&gt;« C’était quelque chose de pire que la misère : la gêne, l’étroitesse, la minceur. »&lt;br /&gt;« Il fallait payer le gaz, l’électricité, le téléphone. »&lt;br /&gt;« Ces jour-la, les autobus roulaient sans plaques, les cafés fermaient tôt, les gens se dépêchaient de rentrer. »&lt;br /&gt;« Puis les cortèges se formaient, s’ébranlaient, s’arrêtaient. »&lt;br /&gt;« C’est sans doute dans cette Tunisie-la, la Tunisie cosmopolite aux prestigieux vestiges, au climat agréable, a la vie pittoresque et colorée, qu‘il leur été le plus facile de s’installer. »&lt;br /&gt;« On leur en laissera quelques miettes, pour le standing, pour les chemises de soie, pour les gants de pécari fume. »&lt;br /&gt;« Sylvie donnait ses cours, interrogeait ses élèves, corrigeait ses copies. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Flaubert&lt;em&gt; (Education Sentimentale)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Les prostituées qu’il rencontrait aux faux du gaz, les cantatrices poussant leurs roulades, les écuyères sur leur cheveux au galop, les bourgeoises a pied, les grisettes a leur fenêtre, toutes les femmes lui rappelaient celle-la, par des similitudes ou par des contrastes violents.&lt;br /&gt;Il regardait, le long des boutiques, les cachemires, les dentelles et les pendeloques de pierreries, en les imaginant drapés autour de ses reins, cousues à son corsage, faisant des feux dans sa chevelure noire. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chateaubriand &lt;em&gt;(La Mémoire D'outre Tombe)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Le reste de la soirée, l’oreille n’était plus frappée / que du bruit mesuré de ses pas, des soupirs de ma mère/ et du murmure du vent. "L25-28. La phrase est divisée en trois parties et la dernière partie est également divisée en trois sous-parties. Ces trois sous-parties expriment des sons de moins en moins forts et parallèlement le nombre de syllabes de chaque partie diminue. On peut également noter la récurrence du son [e] et du son [m]&lt;br /&gt;*Le rythme joue aussi un rôle important dans cette phrase où il suggère l’image du spectre :" Puis il revenait / lentement / vers la lumière et émergeait / peu à peu /de l’obscurité, comme un spectre et on observe le rythme ternaire progressif dans la suite de cette phrase : avec sa robe blanche, son bonnet blanc, sa figure longue et pâle. " L.17-20 " Il penchait vers nous sa joue sèche et creuse, sans nous répondre, continuait sa route et se retirait au fond de la tour " encore 3verbes successifs rythme ternaire .Enfin, on retrouve également le rythme ternaire dans le désenchantement à la fin du texte " ma mère, ma sœur et moi "&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Alphabets&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Au milieu des années 70 une série de poèmes d’un genre particulier, obéissant à des contraintes d’écriture écrasantes, sortaient tour à tour de l’esprit de Georges Perec. Le grand spécialiste des jeux de lettres exhibe un échantillon de son talent, des solutions-joyaux à un problème mathématico-littéraire. Estomaquant.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Recette&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;1-Prenez les dix lettres de l’alphabet latin les plus courantes en français ( E,A,I,U,O,S,R,T,N,L ).&lt;br /&gt;2-Dans le tas des 16 lettres restantes retirez délicatement une.&lt;br /&gt;3-Placez 11 fois chacune avec amour dans une matrice 11x11 de sorte qu’une lettre ne puisse cohabiter avec l’une de ses occurrences sur une même ligne (réalisez une permutation).&lt;br /&gt;Ah j’oubliais : mettez tout en oeuvre pour que lue de gauche à droite puis de ligne en ligne de haut en bas votre matrice de lettres puisse donner lieu à une interprétation intelligible.&lt;br /&gt;Spécimens de Mr G.P.&lt;br /&gt;Magique, "Alphabets" de Georges Perec, un recueil de 11x16 poèmes étonnants qui brisent leurs chaînes pour vous emporter.&lt;br /&gt;Bon appétit&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;Sois soumis, mon chagrin&lt;br /&gt;Sois soumis, mon chagrin, puis dans ton coin sois sourd&lt;br /&gt;Tu la voulais la nuit, la voilà, la voici&lt;br /&gt;Un air tout obscurci a chu sur nos faubourgs&lt;br /&gt;Ici portent la paix, là-bas donnant souci.&lt;br /&gt;Tandis qu'un vil magma d'humains, oh, trop banals,&lt;br /&gt;Sous l'aiguillon Plaisir, guillotine sans amour,&lt;br /&gt;Va puisant son poison aux puants carnavals,&lt;br /&gt;Mon chagrin, saisis-moi la main; là, pour toujours&lt;br /&gt;Loin d'ici. Vois s'offrir sur un balcon d'oubli;&lt;br /&gt;Aux habits pourrissants, nos ans qui sont partis;&lt;br /&gt;Surgir du fond marin un guignon souriant;&lt;br /&gt;Apollon moribond s'assoupir sous un arc&lt;br /&gt;Puis ainsi qu'un drap noir traînant au clair ponant&lt;br /&gt;Ouïs, Amour, ouïs la Nuit qui sourd du parc.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Georges Perec, &lt;em&gt;La Disparition&lt;/em&gt; (1969), éd : Denoël&lt;br /&gt;&lt;em&gt;La Disparition&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Recueillement&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;Sois sage, o ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.&lt;br /&gt;Tu réclamais le soir ; il descend ; le voici:&lt;br /&gt;Une atmosphère obscure enveloppe la ville,&lt;br /&gt;Aux uns portant la paix, aux autres le souci.&lt;br /&gt;Pendant que les mortels la multitude vile,&lt;br /&gt;Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,&lt;br /&gt;Va cueillir des remords dans la main ; viens par ici,&lt;br /&gt;Loin d'eux .Vois se pencher les défuntes Années,&lt;br /&gt;Sur les balcons du ciel, en robes surannées;&lt;br /&gt;Surgir du fond des eaux le Regret souriant;&lt;br /&gt;Le soleil moribond s'endormir sous une arche,&lt;br /&gt;Et comme un long linceul traînant à l'Orient,&lt;br /&gt;Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;Baudelaire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bris marin&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;&lt;em&gt;Las, la chair s’attristait. J’avais lu tous folios.&lt;br /&gt;Fuir ! Là-bas fuir ! J’ai vu titubant l’albatros&lt;br /&gt;D’avoir couru aux flots inconnus, a l’azur !&lt;br /&gt;Nul, ni nos noirs jardins dans ton voir aussi pur&lt;br /&gt;N’assouvira mon flanc qui, marin, s’y baignait.&lt;br /&gt;O, nuit ! Ni abat-jour insolant qui brûlait&lt;br /&gt;Sur un vain papyrus aboli par son Blanc&lt;br /&gt;Ni la bru qui donnait du lait a son Infant.&lt;br /&gt;Partirai ! O transat balançant ton grand foc,&lt;br /&gt;Sors du port ! Cinglons sur l’inouï lointain du roc.&lt;br /&gt;Un chagrin abattu par nos souhaits d’un soir&lt;br /&gt;Croit toujours au salut qui finit au mouchoir.&lt;br /&gt;Mais parfois un dur mat invitant l’Ouragon&lt;br /&gt;Fait-il qu’un Aquillon l’ait mis sur un brisant&lt;br /&gt;Oui, sans mâts, sans mâts, ni productifs îlots,&lt;br /&gt;Mais ouis nos marins chantant aux apparaux !&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;MALLARMUS&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Brise marine&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.&lt;br /&gt;Fuir ! Là-bas, fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres&lt;br /&gt;D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !&lt;br /&gt;Rien, ni les vieux jardins reflètes par les yeux&lt;br /&gt;Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe&lt;br /&gt;Ô nuits ! Ni la clarté déserte de ma lampe&lt;br /&gt;Sur le vide papier que la blancheur défend,&lt;br /&gt;Et ni la jeune femme allaitant son enfant.&lt;br /&gt;Je partirai ! steamer balançant ta mature&lt;br /&gt;Lève l’ancre pour une exotique nature !&lt;br /&gt;Un ennui, désolé par les cruels espoirs,&lt;br /&gt;Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !&lt;br /&gt;Et, peut-être, les mâts, invitant les orages&lt;br /&gt;Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages&lt;br /&gt;Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…&lt;br /&gt;Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; MALLARMÉ&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;Traces Mallarméenne&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chez Georges Perec&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Mallarmé ne figure pas parmi les auteurs, souvent cités par Perec, dont celui-ci dit dans W ou le souvenir d'enfance qu'ils représentent pour lui « une parenté enfin retrouvée &lt;a href="http://www.cabinetperec.org/articles/ribiere/ribiere-notes.html#ancre382578"&gt;(1) &lt;/a&gt;», &lt;a name="ancre383705"&gt;&lt;/a&gt;ou bien, dans un entretien publié dans l'Arc, qu'ils ont « déclenché et nourri [s]on désir d'écrire &lt;a href="http://www.cabinetperec.org/articles/ribiere/ribiere-notes.html#ancre387565"&gt;(2) &lt;/a&gt;». &lt;a name="ancre389467"&gt;&lt;/a&gt;Ainsi le nom de Mallarmé est-il absent du « Post-scriptum » de La Vie mode d'emploi qui recense la liste des auteurs dont l'oeuvre a servi, sous forme de citations programmées et « parfois légèrement modifiées &lt;a href="http://www.cabinetperec.org/articles/ribiere/ribiere-notes.html#ancre401531"&gt;(3) &lt;/a&gt;» &lt;a name="ancre405705"&gt;&lt;/a&gt;de générateur au texte &lt;a href="http://www.cabinetperec.org/articles/ribiere/ribiere-notes.html#ancre407726"&gt;(4)&lt;/a&gt;. &lt;a name="ancre410234"&gt;&lt;/a&gt;Même s'il n'est pas impossible de trouver, ici et là dans ce volume de plus de 600 pages, quelques échos mallarméens, la référence à Mallarmé se résume, à ma connaissance, à deux vocables aisément identifiables : « Igitur » et « Ptyx ». S'il paraît utile de relever ces deux allusions, c'est qu'elles présentent des caractéristiques que l'on retrouvera ailleurs. D'abord, la référence mallarméenne apparaît dans un contexte plaisant où elle connote la poésie :Pendant plusieurs années, Charles travailla dans une boîte de nuit pompeusement appelée Igitur, sorte de restaurant « poétique » où un animateur qui se donnait des airs de fils spirituel d'Antonin Artaud présentait une anthologie déprimante et laborieusement déclamée dans laquelle il refilait sans vergogne l'intégralité de ses propres productions avec, pour tenter de les faire passer, l'insuffisante complicité de Guillaume Apollinaire, Charles Baudelaire, René Descartes, Marco Polo, Gérard de Nerval, François-René de Chateaubriand et Jules Verne. Ce qui n'empêcha pas le restaurant de faire enfin faillite (5). Ensuite, l'allusion s'inscrit dans un contexte fortement intertextuel : ici un passage introduisant une citation programmée extraite de Butor &lt;a href="http://www.cabinetperec.org/articles/ribiere/ribiere-notes.html#ancre417605"&gt;(6).&lt;/a&gt; &lt;a name="ancre424975"&gt;&lt;/a&gt;Enfin, l'allusion à Mallarmé est indirecte &lt;a href="http://www.cabinetperec.org/articles/ribiere/ribiere-notes.html#ancre427294"&gt;(7)&lt;/a&gt; : &lt;a name="ancre440291"&gt;&lt;/a&gt;dans La Vie mode d'emploi, le mot « Ptyx » apparaît par le relais d'une allusion à Jarry : C'est un peu plus tard qu'il commença à faire des bagues : il prenait des petites pierres, des agates, des cornalines, des pierres de Ptyx, des cailloux du Rhin, des aventurines, et il les montait sur de délicats anneaux faits de fils d'argent minutieusement tressés &lt;a href="http://www.cabinetperec.org/articles/ribiere/ribiere-notes.html#ancre433531"&gt;(8)&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;NOTE&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;a href="http://www.cabinetperec.org/articles/ribiere/ribiere-article.html#ancre383705"&gt;(1)&lt;/a&gt; Georges Perec, W ou le souvenir d'enfance, Paris, Denoël, 1975, p. 193.&lt;a name="ancre387565"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.cabinetperec.org/articles/ribiere/ribiere-article.html#ancre389467"&gt;(2)&lt;/a&gt; « Entretien Perec/Jean-Marie Le Sidaner », L'Arc, n° 76, 1979, p. 3 ; repris dans Georges Perec, Entretiens, conférences et propos divers (Dominique Bertelli et Mireille Ribière, éd., Joseph K, 2003, p. 90-102).&lt;a name="ancre401531"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://www.cabinetperec.org/articles/ribiere/ribiere-article.html#ancre405705"&gt;(3)&lt;/a&gt; Georges Perec, La Vie mode d'emploi, Le Livre de poche, 1978 (1997), p. 636.&lt;a name="ancre407726"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://www.cabinetperec.org/articles/ribiere/ribiere-article.html#ancre410234"&gt;(4)&lt;/a&gt; Pour plus de détails sur ces citations voir le Cahier des charges de la Vie mode d'emploi, CNRS/Zulma, 1993.&lt;a name="ancre413054"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://www.cabinetperec.org/articles/ribiere/ribiere-article.html#ancre415681"&gt;(5) &lt;/a&gt;Georges Perec, La Vie mode d'emploi, chap. LXI, p. 354&lt;a name="ancre417605"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://www.cabinetperec.org/articles/ribiere/ribiere-article.html#ancre424975"&gt;(6)&lt;/a&gt; La « complicité de Guillaume Apollinaire, Charles Baudelaire, René Descartes, Marco Polo, Gérard de Nerval, François-René de Chateaubriand et Jules Verne » provient de Second sous-sol de Michel Butor (Gallimard, coll. « Le Chemin », 1976, p. 193). Voir le Cahier des charges de la Vie mode d'emploi, op. cit.&lt;a name="ancre427294"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://www.cabinetperec.org/articles/ribiere/ribiere-article.html#ancre440291"&gt;(7) &lt;/a&gt;De même, le motif du lac gelé que Dominique Bertelli (transPhormER/ECrire. Tentative d'approche du Texte signé « Perec », thèse de doctorat, Université de Toulouse-Le Mirail, 1992) relie à Mallarmé, apparaît dans le chapitre 16 à la faveur d'une citation de La Montagne magique de Thomas Mann, pour réapparaître plus loin, au chapitre 53, par le biais d'une citation du Naufrage du stade Odradek de Harry Mathews.&lt;a name="ancre433531"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://www.cabinetperec.org/articles/ribiere/ribiere-article.html#ancre444192"&gt;(8)&lt;/a&gt; Georges Perec, La Vie mode d'emploi, chap. VIII, p. 52.&lt;br /&gt;Tueur de mot&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;&lt;&gt;&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;La Vie Mode D'Emploi&lt;/em&gt; 60e chapitre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;Perec Mathématicien ou Ecrivain&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Recherches à partir des éléments obtenus&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;On trouve dans l'Atlas de Littérature Potentielle un chapitre “X prend Y pour Z” .Cette expression désigne une contrainte définie par Raymond Queneau. Voici un exemple qui tiendra lieu de définition :&lt;br /&gt;on a le tableau :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec la relation “X prend Y&lt;br /&gt;pour Z”, on a : a prend chacun&lt;br /&gt;pour ce qu'il est ; b se prend&lt;br /&gt;pour a et prend a pour lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut évidemment changer la relation“prendre pour” pour celle que l'on veut. Perec s'étant intéressé à cette contrainte, on pouvait penser qu'il aurait pu l'utiliser dans La vie mode d'emploi pour certains passages. Dans l'exemple donné, la répartition des résultats est :&lt;br /&gt;A&lt;br /&gt;B B&lt;br /&gt;Perec aurait peut-être pu définir une répartition pour un format donné, et lorsqu'une situation mettait en présence un nombre d'octants égal au format, utiliser la contrainte préétablie. Par exemple dans le chapitre LXXXVIII (Altamont, 5), on apprend que Madame Altamont n'aime pas son mari et aime sa fille. Sa fille aime sa mère, pense que son père ne l'aime pas, et Monsieur Altamont aime sa fille, sait que sa fille ne l'aime pas et que sa femme non plus : en appelant P le père, M la mère et F la fille, on a donc la relation X pense que Y aime Z.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la chapitre LXXIII, le bourrelier aime sa soeur, pense que son beau-frère aime sa soeur mais ne sait pas que celle-là aime encore son mari. Le mari aime la soeur du bourrelier mais pense qu'elle ne l'aime pas, et la soeur aime son mari mais pense qu'il ne peut plus l'aimer. On prend là des sens diff é r e n t s pour le mot aimer selon les octants. Avec la même relation que précédemment, on a (en prenant F le bourrelier, S sa soeur, et M le mari de celle-ci) :&lt;br /&gt;Dans ces deux cas, on a donc le même tableau. On pourrait ainsi reprendre toutes les descriptions des rapports entre les gens dans les histoires qui sont racontées et essayer d'élaborer un tableau qui correspondrait à chaque fois.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Enumération&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;« Ils se promenaient souvent le soir, humaient le vent, léchaient les vitrines. Ils laissaient derrière eux le Treizième tout proche, dont ils ne connaissaient guère que l’avenue des Gobelins, a cause de ses quatre cinémas, évitaient la sinistre rue Cuvier, qui ne les eut conduits qu’aux abords plus sinistres encore de la gare d’Austerlitz, et empruntaient, presque invariablement, la rue Monge, puis la rue des Ecoles, gagnaient Saint-Michel, Saint-Germain, et, de là, selon les jours ou les saisons, le Palais-Royal, l’Opéra, ou la gare Montparnasse, Vavin, la rue d’Assas, Saint-Sulpice, le Luxembourg. Ils marchaient lentement. Ils s’arrêtaient devant chaque antiquaire, collaient leurs yeux aux devantures obscures, distinguaient, a travers les grilles, les reflets rougeâtres d’un canapé de cuir, le décor de feuillage d’une assiette ou d’un plat en faïence, la luisance d’un verre taillé ou d’un bougeoir de cuivre, la finesse galbée d’une chaise cannée.&lt;br /&gt;De station de station, antiquaire, libraires, marchands de disques, cartes des restaurants, agences de voyages, chemisiers, tailleurs, fromagers, chausseurs, confiseurs, charcuteries de luxe, papetiers, leur itinéraires composaient leur véritable univers : là reposaient leurs ambitions, leurs espoirs. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ils voulaient la surabondance ; ils rêvaient de platines Clément, de plages désertes pour eux seuls, de tours du monde, de palaces. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ils découvrirent les lainages, les chemisiers de soie, les chemises de Doucet, les cravates en voile, les carrés de soie, le tweed, le lambs-wool, le cashmere, le vicuna, le cuir et le jersey, le lin, la magistrale hiérarchie des chaussures, enfin, qui mène des Churchs aux Weston, des Weston aux Bunting, et des Bunting aux Lobb. »&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;IRONIE&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Georges Perec, grand dénonciateur des mystifications de la société dominée par le capitalisme, en dénote les méfaits dégradants. L’usage de l’ironie permet à l’auteur de lancer des pointes amères sur ce monde du luxe qui a fasciné les personnages et le milieu où ils vivent.&lt;br /&gt;Ils se regardaient en souriant dans les glaces des devantures. Il leur semblait que tout était parfait ; ils marchaient librement, leurs mouvements étaient délies, le temps ne semblait plus les atteindre. Il leur suffisait d’être la, dans la rue, un jour de froid sec, de grand vent, chaudement vêtus, a la tombée du jour, se dirigeant sans hâte, mais d’un bon pas, vers une demeure amie, pour que le moindre de leurs gestes- allumer une cigarette, acheter un cornet de marrons chauds, se faufiler dans la cohue d’une sortie de gare- leur apparaisse comme l’expression évidente, immédiate, d’un bonheur inépuisable.&lt;br /&gt;Malgré la niaiserie et l’enfantillage des héros, Perec semble se moquer d’eux en disant : ils ne sont « pas bêtes, ils ne manquent pas d’humour », et « des imbéciles heureux ». L’ironie péréquienne, toujours distanciée et indifférenciée, prend parfois un ton glacé ; on ne sait plus si l’on doit pleurer ou rire : « l’impatience, se dirent Jérôme et Sylvie, est une vertu du XXe siècle. »&lt;br /&gt;« Ils se regardaient en souriant dans les glaces des devantures. Il leur semblait que tout était parfait ; ils marchaient librement, leur mouvements étaient délies, le temps ne semblait plus les atteindre. Il leur suffisait d’être la, dans la rue, un jour de froid sec, de grand vent, chaudement vêtus, a la tombée du jour, se dirigeant sans hâte, mais d’un bon pas, vers une demeure amie, pour que le moindre de leurs gestes- allumer une cigarette, acheter un cornet de marrons chauds, se faufiler dans la cohue d’une sortie de gare- leur apparaisse comme l’expression évidente, immédiate, d’un bonheur inépuisable. »&lt;br /&gt;Jérôme et Sylvie pensaient toujours a une matinée ou on glisserait sous leur porte « trois enveloppes, longues et étroites, aux entêtes imposants, graves, en relief, aux suscriptions précises et régulières, frappées sur une I.B.M. direction. Leurs mains trembleraient un peu en les ouvrant : ce serait trois cheques, avec des ribambelles de chiffres. Ou bien, une lettre :&lt;br /&gt;« M. Podevin, votre oncle, étant mort ab intestat… » Et ils se passeraient la main sur le visage, doutant de leurs yeux, croyant rêver encore ; ils ouvriraient la fenêtre toute grande. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Pourquoi les aspirateurs-traîneaux se vendent-ils si mal ? Que pense-t-on, dans les milieux de modeste extraction, de la chicorée ? Aimée-t-on la purée toute faite, et pourquoi ? Parce qu’elle est légère ? Parce qu’elle est onctueuse ? Parce qu’elle est si facile a faire : un geste et hope ? Trouve-t-on vraiment que les voitures d’enfants sont chères ? N’est-on pas toujours prêt à faire un sacrifice pour le confort des petits ? Comment votera la Française ? Aime-t-on le fromage en tube ?... »&lt;br /&gt;« Un petit sourire triomphant passait sur leur visage : ils avaient force la chance ; leur mince courage avait portait ses fruits : ils n’étaient pas loin de se sentir héroïques »&lt;br /&gt;« Ils vivaient au jour le jour, ils dépensaient en six heures ce qu’ils avaient mis trois jours a gagner ; ils empruntaient souvent ; ils mangeaient des frites infâmes, fumaient ensemble leur dernière cigarette, cherchaient parfois pendant deux heures un ticket de métro, portaient des chemises reformées, écoutaient des disques uses, voyageaient en stop, et restaient, encor assez fréquemment, cinq ou six semaines sans changer de draps. Ils n’étaient pas loin de penser que, somme toute, cette vie avait son charme. »&lt;br /&gt;« Lorsque arriveraient les hors-d’œuvre, que leur vie ne serait que l’inépuisable somme de ces moments propices et qu’ils seraient toujours heureux, parce qu’ils méritaient de l’être, parce qu’ils savaient rester disponibles, parce que le bonheur était en eux. Ils étaient assis l’un en face de l’autre, ils allaient manger après avoir eu faim, et toutes ces choses- le nappe blanche de grosse toile, la tache bleue d’un paquet de gitanes, les assiettes de faïence, les couverts un peu lourds, les verres a pied, la corbeille d’osier pleine de pain frais- composaient le cadre toujours neuf d’un plaisir presque viscéral, a la limite de l’engourdissement : l’impression, presque exactement contraire et presque exactement semblable a celle que procure la vitesse, d’une formidable stabilité, d’une formidable plénitude. A partir de cette table servie, ils avaient l’impression d’une synchronie parfaite : ils étaient a l’unissions du monde, ils y baignaient, ils y étaient a l’aise, ils n’avaient rien a craindre. »&lt;br /&gt;« Une lune parfaitement ronde brillait haut dans le ciel et projetait sur toutes les choses une lumière feutrée. Les rues, désertes et longues, larges, sonores, résonnaient sous leurs pas synchrones. De rares taxis passaient lentement, presque sans bruit. Alors ils se sentaient les maîtres du monde. Ils ressentaient une exaltation inconnue, comme s’ils avaient été détenteurs de secrets fabuleux, de forces inexprimables. Et, se donnant la main, ils se mettaient a courir, ou jouaient a la marelle, ou couraient a cloche-pied le long des trottoirs et hurlaient a l’unissions les grands airs de Cosi fan tutte ou de la Messe en si.&lt;br /&gt;Ou bien, ils poussaient la porte d’un petit restaurant, et, avec une joie presque rituelle, ils se laissaient pénétrer par la chance ambiante, par le cliquetis des fourchettes, le tintement des verres, le bruit feutre des voix, les promesses des nappes blanches. Ils choisissaient leur vin avec componction. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;L'Art de portrait&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;…Une femme d'une quarantaine d'années &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;est en train de monter &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;l'escalier, elle est vêtue d'un long &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;imperméable de skaï et porte sur la tête&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;une sorte de bonnet de feutre, en&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;forme de pain de sucre, un peu l'idée &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;que l'on se fait d'un chapeau de lutin, et&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;qui est divisé en carreaux rouges et &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;gris. Un grand fourre-tout de toile bise,&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;un de ces sacs que l'on appelle &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;vulgairement un baise-en-ville, pend à&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;son épaule droite. Un petit mouchoir de&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;batiste est noué autour d'un des &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;anneaux de métal chromé rattachant le &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;sac à sa bretelle. Trois motifs imprimés &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;comme au pochoir se répètent&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;régulièrement sur toute la surface du &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;sac : une grosse horloge à balancier, un &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;pain de campagne coupé en son milieu, et&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;une sorte de récipient en cuivre sans&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#663366;"&gt;anses…&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;La Vie Mode D'emploi&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Proust et Perec&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Deux conceptions différentes des rapports entre le réel et l'art&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu'à ce jour, on a accordé peu d'attention aux rapports entre l'œuvre de Georges Perec et celle de Marcel Proust. Comparer l'art poétique et la thématique de ces deux écrivains, dont chacun domine la scène littéraire de son époque, n'a cependant rien de gratuit. Le réseau intertextuel qui caractérise les textes de Perec comporte de nombreux renvois à La Recherche. Mais, dans ces confrontations textuelles, Perec s'oppose souvent diamétralement à Proust. L'élaboration des grands thèmes qu'il partage avec son prédécesseur - le sommeil, le rêve, la mémoire, l'enfance, l'art - suit en effet des voies toutes différentes. Dans l'œuvre de Perec le sommeil et les rêves sont périlleux, la mémoire est, sur certains point essentiels, défaillante, l'enfance un désert affectif, et l'art ne saurait porter remède à la contingence, aux "vicissitudes de la vie".Une analyse de quelques exemples permet d'illustrer cette opposition : rapports entre le sommeil et la mémoire dans Un Homme qui dort et dans Combray; rapports entre les lieux du sommeil et le fonctionnement de la mémoire involontaire dans Espèces d 'Espaces et dans Combray, mise en relief du rôle de Venise dans la remémoration de l'enfance et dans l'évocation des figures maternelles. Perec se met également aux antipodes de Proust dans ses références à la peinture, à laquelle il a accordé pourtant, tout comme Proust, une place de choix. Dans La Recherche, le tableau a une fonction positive qui est comparable à celle de la mémoire involontaire : tous deux permettent de métamorphoser le réel et de le soustraire à la corrosion du temps. Dans l'œuvre de Perec, par contre, les représentations picturales apparaissent souvent sous un jour négatif : ce sont les moteurs défectueux d'une mémoire qui refuse service, des traces dérisoires d'une réalité à jamais perdue ou atroce. Une comparaison des références aux tableaux du Cycle de sainte Ursule de Carpaccio dans La Fugitive/Albertine disparue et dans La Vie mode d'emploi fait ressortir cette opposition. Dans les deux cas, c'est la figure maternelle qui est associée à l'œuvre du peintre vénitien. Ainsi, le narrateur de La Recherche insère, dans le récit tragique de la perte et de la mort d'Albertine , le souvenir lumineux de sa mère à Venise, l'associant à la femme en deuil dans l'avant-dernier tableau du cycle de sainte Ursule, Le Martyre des pèlerins et les funérailles d'Ursule. L'art remplit une fonction salvatrice : chaque fois que le narrateur revoit le tableau, il se souvient de sa mère et de l'amour profond qu'elle lui portait. Perec encrypte la mort de sa mère, Cécile (Cyrla) Perec, dans le chapitre XVI de La Vie mode d'emploi : l'on y retrouve une réécriture du Songe de sainte Ursule, autre toile du cycle de Carpaccio. Dans le passage du tableau au texte, la jeune fille est devenue une vieille demoiselle, (Célia Crespi), l'ange apparaissant en rêve à Ursule pour lui annoncer sa mort imminente à Cologne s'est transformé en croque-mort, la palme du martyre est devenue un faire-part de décès, la promesse du salut éternel a fait place au constat factuel d'une mort irrémédiable. Comme l'a souligné Dominique Bertelli dans son analyse de ce chapitre de La Vie mode d'emploi (Le Cabinet d'amateur, décembre 1998), l'interprétation que Perec donne du Songe de sainte Ursule exclut toute possibilité de compensation à une mort atroce. L'examen d'une impli-citation de Proust dans le chapitre XCIX de La Vie mode d'emploi sert de conclusion à ces quelques réflexions préliminaires sur un sujet qui mériterait d'être approfondi. Provenant d'Albertine disparue et comportant à son tour un renvoi aux Mille et Une nuits, le fragment cité - l' évocation d'une Venise orientale et sensuelle - fait réapparaître, dans un contexte dysphorique, les thèmes du sommeil, du rêve, de la mémoire, de l'art, et les relie au souvenir de la mère. La dysphorie diégétique chez Perec contraste fortement avec la vitalité et la féerie du texte-source, même si cette dysphorie se révèle, à un examen plus attentif, contrebalancée par l'euphorie de l'écriture.&lt;br /&gt;"C’est sans doute parce que l’espace de la chambre fonctionne chez moi comme une madeleine proustienne (sous l’invocation de qui tout ce projet est évidemment placé : il ne voudrait rien être d’autre que le strict développement des paragraphes 6 et 7 du premier chapitre de la première partie (Combray) du premier volume (Du côté de chez Swann) de À la recherche du temps perdu, que j’ai entrepris, depuis plusieurs années déjà, de faire l’inventaire, aussi exhaustif et précis que possible, de tous les « Lieux où j’ai dormi ». À l’heure actuelle, je n’ai pratiquement pas commencé à les décrire ; par contre, je crois les avoir à peu près tous recensés : il y en a à peu près deux cents (il ne s’en ajoute guère plus d’une demi-douzaine par an : je suis devenu plutôt casanier). Je ne suis pas encore définitivement fixé sur la manière dont je les classerai. Certainement pas par ordre chronologique. Sans doute pas par ordre alphabétique (encore que ce soit le seul ordre dont la pertinence n’a pas à être justifiée). Peut-être selon leur disposition géographique, ce qui accentuerait le côté « guide » de cet ouvrage. Ou bien, plutôt, selon une perspective thématique qui pourrait aboutir à une sorte de typologie des chambres à coucher :&lt;br /&gt;1. Mes chambres&lt;br /&gt;2. Dortoirs et chambrées&lt;br /&gt;3. Chambres amies&lt;br /&gt;4. Chambres d’amis&lt;br /&gt;5. Couchages de fortune (divan, moquette + coussins, tapis, chaise longue, etc.)&lt;br /&gt;6. Maisons de campagne&lt;br /&gt;7. Villas de location&lt;br /&gt;8. Chambres d’hôtel&lt;br /&gt;a) hôtels miteux, garnis, meublés&lt;br /&gt;b) palaces&lt;br /&gt;9. Conditions inhabituelles : nuits en train, en avion, en voiture ; nuits sur un bateau ; nuits de garde nuits au poste de police ; nuits sous la tente, nuits d’hôpital ; nuits blanches, etc.&lt;br /&gt;Dans un petit nombre de ces chambres, j’ai passé plusieurs mois, plusieurs années ; dans la plupart, je n’ai passé que quelques jours ou quelques heures ; il est peut-être téméraire de ma part de prétendre que je saurai me souvenir de chacune : quel était le motif du papier peint de cette chambre de l’Hôtel du Lion d’Or, à Saint Chely d’Apcher (le nom — beaucoup plus surprenant quand il est énoncé que lorsqu’il est écrit — de ce chef lieu de canton de la Lozère s’était, pour des raisons que j’ignore, ancré dans ma mémoire depuis ma classe de troisième et j’avais beaucoup insisté pour que nous nous y arrêtions). Mais c’est évidemment des souvenirs resurgis de ces chambres éphémères que j’attends les plus grandes révélations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Georges Perec&lt;br /&gt;"La chambre, fragments d'un travail en cours"&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;Espèces d'espaces&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;éd. Galilée, 1974.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Jugements critiques&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;&lt;&gt;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques Bersani, La Littérature en France depuis 1945,1971.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« On a trop vite fait de ranger les choses dans une sorte de sociologie de la vie quotidienne…L’immense succès des choses tient a cet état de prédisposition dans lequel s’est reconnu une génération. On parle, après coup, de « vision du monde », en reconstruisant le passé avec le présent. Mais personne n’attendait les choses, et les choses cristallisent une expérience- l’incoercible difficulté d’exister dans ces années 60. Sans doute pour y parvenir, fallait-il ce style simple, ces phrases courtes, ce refus de céder à la rhétorique ou même à l’émotion- et pour tout dire, cet éloignement de soi. »&lt;br /&gt;Jean Duvignaud, Revue L’Arc, 1979.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;&lt;&gt;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacqueline Piatier, Le Monde&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;&lt;&gt;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques-Pierre Amette, Le Pont&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;&lt;&gt;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Catherine David, Le Nouvel Observateur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;&lt;&gt;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patrick Thévenon, L'Express&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Conclusion&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;"C’est l'angoisse de le vie contemporaine, qui nous expose au tumulte des choses et à l'indifférence des hommes. En sociologue, Georges Perec décrit dans les choses les moeurs et les manies d'un couple d'intellectuels modernes. Mais c'est dans La vie mode d'emploi, sous-titrée&lt;romans&gt; [au pluriel], qu’il soude le mieux, en héritier de Balzac, cette &lt;comédie&gt;singulièrement amère. Il s'agit d'une Odyssée extravagante à travers un immeuble dont il décrit la vie, étage pas étage, chambre par chambre. Insoucieux de l'unité de temps…, il raconte les péripéties multiples qui se sont superposées, au fil des locataires. Les histoires de plus de cent personnages s'entrecroisent dans le plus original des romans qu'on peut lire à partir de n'importe quelle page."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#990000;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Citations&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;« Tout portrait se situe au confluent d'un rêve et d'une réalité. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;La vie mode d'emploi&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;« La discipline fait bel et bien la force principale des armées. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;« La loi est implacable, mais la loi est imprévisible. Nul n'est censé l'ignorer, mais nul ne peut la connaître. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;W. ou le souvenir d'enfance&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;«Ecrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose : arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse, laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;Espèce d’espaces&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;« Peut-être le bonheur n’est-il que dans les gares ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/35580986-116010442231798107?l=margueritelettres.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://margueritelettres.blogspot.com/feeds/116010442231798107/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=35580986&amp;postID=116010442231798107' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35580986/posts/default/116010442231798107'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35580986/posts/default/116010442231798107'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://margueritelettres.blogspot.com/2006/10/georges-perec.html' title='Georges Perec'/><author><name>Marguerite</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
